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Three Looks With Francesca Amfitheatrof

1 month ago by

Francesca est la fondatrice de Thief and Heist, une marque de bijoux qui vient juste d’arriver sur le marché, à notre grande joie. Elle est aussi directrice artistique pour les bijoux et les montres chez Louis Vuitton. J’étais très intriguée par son style personnel, plutôt chic mais aussi très moderne, dynamique et même un peu rebelle. Sans surprise, ce sont des qualités incarnées par Thief and Heist. J’ai adoré discuter avec elle de sa carrière, de son style personnel et de sa nouvelle aventure dans la joaillerie.

atelier dore Francesca Amfitheatrof three looks
atelier dore Francesca Amfitheatrof three looks

Ton premier souvenir de mode ou de style ?

Ma mère travaillait pour Valentino. J’avais environ 7 ou 9 ans. J’avais l’habitude d’aller dans les bureaux de Valentino, en haut de la Place d’Espagne à Rome, et il y avait là un degré de glamour que je n’ai jamais retrouvé dans ma vie.

Il faisait toujours ses défilés de mode dans le parc à côté de la Place d’Espagne. Il y a un très bel obélisque au milieu, et c’est toujours là qu’il plaçait le podium. Avec de vraies mannequins, qui ne faisaient que des défilés. Elles surgissaient de manière flamboyante – comme les supermodels des années 90, mais encore plus fort ! Elles étaient ultra sexy et elles savaient vraiment comment se tenir sur un podium.

Je me souviens que j’allais à ces défilés pendant mon enfance. Je me souviens y avoir vu un tel degré de beauté dans la mode, la haute couture. On voulait regarder l’intérieur des robes… Je passais mon temps à traîner à l’Atelier. Je connaissais toutes les femmes qui y travaillaient et elles me montraient les vêtements. Ça m’hypnotisait. Tellement beau, une beauté tellement vraie.

Est-ce que tu savais à l’époque que tu voulais faire partie de ce monde ?

Non, pas vraiment. Ça a toujours fait partie de moi. Je viens d’une famille plutôt créative, que ce soit en matière de littérature, de musique ou d’art. Mon père me répétait qu’il voulait que j’aille à Harvard pour devenir avocate. J’ai grandi en pensant que c’était ce qu’il fallait que je fasse. Mais quand j’ai passé mes examens à la fin du lycée, j’ai pris conscience que je n’en avais pas envie. J’ai postulé à une école d’art et j’ai choisi ma propre voie.

C’est incroyable. Peux-tu nous parler un peu de ton parcours ? Je sais que tu travailles aujourd’hui chez Louis Vuitton, que tu gères en même temps Thief and Heist et que tu étais avant à Tiffany. As-tu toujours travaillé dans le monde de la joaillerie ?

Oui. J’ai fait une école d’art en Angleterre et j’ai créé mon premier bijou à 16 ans. J’ai suivi une première formation à la Chelsea School of Art, un Bachelor à Saint Martins et un master au Royal College. Ensuite, j’ai fait un apprentissage d’un an en Italie avec un maître bijoutier. Un an plus tard, j’ai eu ma première exposition à Londres, dans une galerie. C’est là que j’ai vraiment été repérée par le monde de la mode. J’ai commencé à travailler et à faire des défilés – j’ai créé beaucoup de bijoux pour des défilés, j’ai fait beaucoup pour ma propre ligne, je l’ai vendue dans de nombreux magasins.

J’ai passé sept ans à étudier la joaillerie. En école d’art en Angleterre, je me suis vraiment concentrée sur l’étude de la créativité. On vous pose des questions comme quelle est votre voie, qu’est-ce que vous voulez dire de différent et d’intéressant, et on vous pousse.

Je me souviens qu’on m’a bandé les yeux et dit de courir vers un mur pour y laisser une marque, que c’était l’essence de notre être. On était terrifiés à l’idée de se prendre le mur, de s’exploser la tête, d’être complètement fous et que la vérité sorte. Il y avait toutes sortes d’exercices fous, déments mais il fallait beaucoup, beaucoup travailler.

Le seul objectif était d’être créatif. Il ne s’agissait pas d’entrepreneuriat, d’écrire son CV et de faire du marketing, absolument pas. La seule question était de savoir ce qu’on allait dire de différent, de nécessaire. Je crois que c’est ce qui m’a toujours motivée.

C’est vrai. On trouve déjà tellement de choses, le but est d’être vraiment unique…

Authentique, original, différent, avoir quelque chose à dire. C’est ce que j’ai fait pendant des années.

Et ensuite, j’ai été embauchée par Asprey et Garrard, les bijoutiers de la couronne en Angleterre. J’ai quitté Asprey, j’ai quitté Garrard et je suis partie chez Marni. J’y ai travaillé pendant trois ans, à l’époque où la marque était vraiment à la mode. Ensuite, j’ai quitté Marni et je suis devenue directrice artistique chez Wedgwood.

Quand j’en suis partie, je me suis mise à beaucoup travailler dans le monde de l’art. J’avais toujours été très impliquée dans le monde de l’art, j’avais une entreprise qui nouait des projets avec des artistes.

Et puis un chasseur de tête m’a appelée pour me proposer de déménager à New York pour Tiffany. C’était un de ces vrais moments de doute, que faire ? J’étais très heureuse à Londres et je ne pensais pas déménager. Mais, au bout d’un an, la conversation est devenue très pratique. Ils m’ont lentement séduite et à la fin, vous êtes en mode “J’espère vraiment que je vais avoir le job.” Cette idée de déménager à New York, qui me semblait complètement impossible, devient en fait très envisageable jusqu’à ce qu’on se dise “Je veux vraiment déménager à New York !” La séduction est très intelligente. Et quand on arrive, c’est très différent de ce qu’on vous avait décrit.

Après Tiffany, j’ai pris un an de pause. Avant de commencer à travailler chez Vuitton.

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Qu’est-ce qu’il y a d’unique dans la joaillerie, par opposition au prêt-à-porter ?

J’aime le métal. J’adore vraiment le métal. J’aime le travailler. Je suis séduite. Je suis une créatrice qui aime son matériau. Je ne suis pas gemmologue, je n’ai pas étudié les pierres, j’ai étudié le métal. Je sais comment faire des alliages, je sais comment mélanger les métaux, je sais comment faire du métal et je trouve que l’or est le matériau le plus intéressant parce que le plus malléable, c’est le métal qui permet de faire le plus de choses.

Penses-tu que ton travail influence ton style personnel, ou bien l’inverse ?

Je crois que les deux sont liés, c’est sûr. Beaucoup. Je crois que quand on travaille dans les arts visuels, ou dans le design ou la mode, tout doit venir de vous. C’est trop personnel. Votre point de vue se manifeste partout. Ce n’est pas comme la poésie ou la littérature où l’on imagine, c’est visuel. Cela vous affecte, et ça affecte ce que vous ressentez, vous le touchez, vous bougez dedans, donc oui, ça m’affecte beaucoup.

Le plus important pour toi en matière de style et dans ton travail : le confort, la beauté ou l’innovation ?

Je ne suis pas très fan des choses compliquées. Les vêtements trop compliqués me crispent. La sensation sur la peau est très importante. On tire beaucoup de satisfaction des choses qui nous touchent. Donc la qualité est ce qu’il y a de plus important.

Je n’aime pas les maisons de mode qui ne sont que fumées et miroirs aux alouettes alors que la qualité est très mauvaise. Je pense que la valeur est importante aussi, ce n’est pas que ça doit être à un certain prix mais je trouve les marques qui ne sont là que pour faire de l’argent déprimantes. Je trouve ça très triste. Je crois que, pour finir, on peut quand même rêver à travers la mode, c’est une forme d’expression et je pense qu’on ne devrait pas tromper les gens.

Qu’est-ce qui t’a donné l’inspiration pour Thief and Heist ?

Je voulais avoir ma propre marque. En travaillant pour des grandes maisons, on n’a pas toujours la possibilité de suivre quelque chose du début à la fin. Avoir sa propre marque permet, je trouve, d’avoir une voix pour parler directement à ses clients.

Je voulais faire quelque chose qui n’existait pas avant. Nous vivons à une époque de révolution du retail – les marques qui s’adressent directement aux clients offrent une liberté incroyable aux créateurs.

C’est comme accueillir quelqu’un chez soi. On n’est pas soumis au bon vouloir d’un grand magasin qui peut prendre soin ou non de votre produit. C’est une telle chance, une telle possibilité.

J’ai fait beaucoup de choses dans le passé qui étaient là trop tôt, ou qui sont peut-être juste plus pertinentes maintenant. Je crois que c’est formidable de pouvoir commencer une marque avec ces idées. Ou bien peut-être qu’elles étaient tout aussi pertinentes avant et qu’elles ne sont pas devenues moins pertinentes.

Je voulais vraiment quelque chose qui ne soit pas lourd. Je crois que, traditionnellement, les bijoux peuvent être un peu statiques et trop importants. Oh mon dieu, tu es fiancée, tu as besoin d’une bague de fiançailles. Pourquoi ? Parce qu’un mec te l’a dit, c’est juste une arnaque marketing. Je voulais quelque chose qui remette ces traditions en perspective, pour les redéfinir.

Je crois que les bijoux sont très puissants. C’est quelque chose de si petit, minuscule et intime – si important pour la personne qui le porte. Une des premières actions des hommes a été de décorer le corps.

Je voulais aussi créer une marque qui soit un peu… le mot coquin me vient en tête… mais ce n’est pas tout à fait ça… en ce moment tout le monde utilise des mots qui m’énervent beaucoup “oh, je suis tellement reconnaissante, honnête…” peut-être que vous n’êtes pas heureux ! Pourquoi ne pas être fou de joie et passionné ? Je veux que Thief and Heist soit forte ! Je crois que les femmes peuvent être très fortes aujourd’hui, et elles peuvent le faire avec leur propre vocabulaire. C’est ce que je veux faire avec Thief and Heist.

J’adore. Peux-tu décrire ton style en trois mots, ou phrases ?

Un peu masculin. Un petit peu… J’aime mélanger les motifs. Et cintré.

atelier dore Francesca Amfitheatrof three looks

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(English)

Jacket, Haider Ackermann; Shirt, Comme Des Garcons; Skirt, Louis Vuitton; Shoes, Proenza Schouler; Bracelets (worn throughout), Thief and Heist

Shirt, Celine; Jeans, Frame

Shirt; Louis Vuitton

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