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Carte Blanche: Turning a Creative Passion into a Business

4 weeks ago by

J’aime profondément les trois femmes que vous vous apprêtez à entendre, autant que je les respecte. Vous les connaissez sans doute déjà. Ce sont de proches amies, et aussi de vraies sources d’inspiration. Clare Vivier, Ellen Bennett et Tina Frey ont construit des entreprises très différentes mais tout aussi fascinantes centrées sur leur créativité – et elles m’ont rejointe dans mon salon pour en parler. Si vous avez l’impression que la conversation est détendue, c’est parce que c’est vraiment le cas !

Ces femmes sont dans ma vie depuis quelques mois ou quelques années mais nous nous soutenons au quotidien. Nous parlons ouvertement d’argent. Nous parlons ouvertement de nos difficultés ou de nos ambitions, même si elles sont très différentes. Nous sommes là les unes pour les autres.

J’espère que vous vous sentirez aussi inspirée et motivée que moi par ma conversation avec ces trois merveilleuses femmes.

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Carte Blanche: Turning a Creative Passion into a Business

Pardon My French with Garance Doré
Carte Blanche: Turning a Creative Passion into a Business

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Carte Blanche: Turning a Creative Passion into a Business - Clare Vivier, Tina Frey and Ellen Marie Bennett garance dore pardon my french

Sur les difficultés à survivre quand on lance sa propre entreprise…
CLARE : Quand j’ai arrêté de travailler avec Thierry, mon mari, j’ai commencé à faire des jobs à mi-temps, des missions. Je faisais de la coordination de production dans le divertissement, des pubs ou des clips. Et je m’occupais des accessoires.
ELLEN : Ce qui, au passage, est très compliqué. Ce n’est pas comme si les jobs nous attendaient. Il faut les trouver, y aller, en trouver encore puis aller récupérer les chèques et appeler des gens pour dire “eh, je n’ai pas encore été payée” tout en allant au prochain et on recommence !
CLARE : Exactement, et puis ces jobs durent entre trois jours et deux semaines et à chaque fois qu’on en finit un, on a perdu du temps pour son propre travail. Je travaillais sur le lancement d’une collection de sacs à main, et à chaque fois que je prenais un job pour deux semaines, je n’y touchais pas pendant deux semaines et revenais en mode “ok, où est-ce que j’en étais ?”

Sur ses débuts de comptable…
TINA : Toute ma vie, j’ai été très créative. Toujours à faire des choses, à adorer ça avec passion. Pour tous mes cours à l’école ou la fac, je choisissais des cours d’art en option et c’était ce que je préférais. Mais je n’ai jamais pensé que ça pourrait devenir ma carrière. Donc, quand je suis allée à la fac, j’ai choisi de faire des études scientifiques avant de continuer en commerce et je suis devenue comptable. Ce n’était pas ma passion, je détestais ça. Je crois que ce qui a aidé à faire le lien, c’est de commencer progressivement à travailler pour des entreprises plus centrées sur les produits comme LVMH, Levi’s et Christian Dior.
ELLEN : A la compta ? C’est génial de travailler là, on voit comment tout se passe !
TINA : Tu as tout à fait raison. Avec le recul, c’est sans doute parce qu’on peut comprendre les arcanes d’une entreprise. Mais personnellement, je m’intéressais surtout à ce que fabriquaient les gens, c’était ça qui me semblait intéressant.

Sur le fait de se concentrer sur sa créativité plutôt que sur le business plan…
TINA : Comme je suis autodidacte dans ce domaine, je savais qu’il fallait que je trouve un moyen de transformer ce que j’avais dans la tête en objet physique. Et le moyen le plus simple, c’était d’aller dans le magasin d’argile, découvrir le type d’argile avec lequel j’aimais travailler et de sculpter ce truc en une sorte de forme, quelque chose que j’aime. Je ne réfléchissais pas du tout à l’aspect business. J’ai tout laissé de côté parce que ça ne m’intéressait pas, je voulais simplement faire quelque chose que j’aimais et qui était beau.
ELLEN : C’est la plus belle forme de créativité. Tu ne faisais pas de recherches sur Google ou Pinterest pour trouver. Tout venait de ta tête, c’est-à-dire de ton imagination, naturellement unique.
TINA : Je crois que tout est venu de mon coeur. A un certain moment, quand on réfléchit à sa carrière, on ne pense pas à l’argent, à l’aspect financier ou à la stabilité, tous ces trucs ennuyeux – c’est super d’y penser mais je me disais que ce n’était pas ce qui comptait, il fallait qu’il y ait quelque chose de plus.

Sur le fait de recevoir sa première commande…
TINA : J’ai décidé d’avoir confiance, j’ai fait deux bols et je me suis présentée sur un marché. Les gens m’ont demandé comment faire pour passer commande et je n’avais rien, même pas un formulaire pour passer commande, une liste de prix ou un inventaire, rien de rien ! J’ai appelé mon mari et je lui ai dit : “Dépêche-toi, passe à la papeterie pour m’acheter un formulaire de commande, celui avec le papier carbone, tu vois lequel !” Quelqu’un a passé commande et je ne voulais pas marquer numéro 1 donc j’ai écrit commande 101 !
ELLEN : Oh mon dieu, c’est tellement mignon que tu t’en souviennes.
TINA : Oui, tu es mon numéro 101, promis.
ELLEN : Dans mon cas, c’était une idée, je n’avais absolument pas de business plan. Ma toute première commande, c‘était 40 tabliers pour un chef pour lequel je travaillais.
GARANCE : Comment as-tu fait ? Genre, comment as-tu décidé, ok ça va être à ce prix-là, tout ça ?
ELLEN : Voilà comment ça s’est exactement passé. Nous nous tenions à côté de la caisse et il a dit “Eh Bennet, il y a une fille qui va nous faire des tabliers pour le restaurant, tu veux en acheter un ?” Je lui ai demandé “Combien est-ce qu’elle te prend ?” et il m’a répondu $40. En 30 secondes à peine, j’ai enregistré l’information et je me suis dit, oh mon dieu, voilà ma chance, le bateau va partir devant toi donc tu ferais mieux de monter à bord ou il va partir ! Et j’ai donc dit : “Chef, j’ai une entreprise de tabliers et je vais vous faire ces tabliers. A quelle vitesse les fait-elle parce que je vais les faire plus vite et je vais vous les faire pour $38.” J’ai saisi ma chance et j’ai immédiatement conclu le marché. J’ai fini mon service et j’ai couru partout comme une folle pour trouver des couturiers, des coupes, du tissus, des gens pour me faire un patron, tout. Mais j’avais une commande et un client, et ce client était mon chef donc je n’allais pas le laisser tomber.

Carte Blanche: Turning a Creative Passion into a Business - Clare Vivier, Tina Frey and Ellen Marie Bennett garance dore pardon my french

Sur les débuts…
CLARE : J’avais enfin l’impression, pour la première fois, d’aimer ce que je faisais.
GARANCE : C’est comme l’amour, tu es enthousiaste et tu t’en fous.
CLARE : Oui, on tient à l’adrénaline. Je restais éveillée jusqu’à 2 h du matin à coudre, faire des patrons et à essayer de comprendre comment faire pour la production. J’étais tellement passionnée et c’était tellement excitant que je n’étais jamais fatiguée.
TINA : J’avais l’habitude de coudre les sacs pour mes produits.
ELLEN : Et moi je faisais les livraisons de mes tabliers dans tout Los Angeles en personne !
TINA : Je faisais pareil !
ELLEN : Je pensais que si je ne faisais pas les livraisons en personne, ils n’allaient plus jamais passer commande.

Sur ce qui les différencie…
CLARE : Certaines des autres marques sont très corporate, elles semblent très rigides. C’est vrai qu’il y a des gens derrière les entreprises, mais on dirait que les choses sont plus dictées par un business plan alors que pour nous, notre vomi – à défaut d’un autre mot – créatif est très personnel.
ELLEN : C’est vrai que ça a un peu commencé comme un vomi créatif !
TINA : Voilà notre identité.
CLARE : C’est une vraie bénédiction de pouvoir compter sur cette ressource illimitée qui est en nous.
ELLEN : C’est aussi ce qui rend chacune de nous différente et originale, impossible à copier de bien des façons. D’autres personnes peuvent copier nos dessins, mais ils ne peuvent pas copier notre future créativité.
TINA : Tu peux aussi regarder tes créations comme un ensemble, ce n’est pas seulement un objet, c’est toute l’identité de ta collection. Elle a un certain ADN.

Sur l’importance de ne pas être une control freak…
GARANCE : Qui parmi nous est control freak, parce que moi pas.
TINA : Je l’ai toujours été.
CLARE : Je ne crois pas l’être.
ELLEN : Parfois.
CLARE : Je dirais qu’elle l’est (à Ellen).
GARANCE : Clare, je crois que tu en es une.
ELLEN : Qu’est-ce que tu en sais ? Je viens juste de me faire accuser !
CLARE : C’est l’image de notre marque, de ce que nous avons construit depuis le début. C’est très important et personne ne parle cette langue aussi bien que nous.

Sur l’importance de connaître ses faiblesses…
ELLEN : J’admets ici qu’il y a des gens qui peuvent venir me soutenir et qui le font mieux que moi. Alors qu’avant, il y a deux ans, j’avais toute cette pression, celle de tout porter sur mes épaules et j’avais l’impression qu’il fallait que je sois héroïque et que je fasse tout toute seule, j’ai donc changé mon état d’esprit.
CLARE : Je n’ai jamais eu cette impression. J’ai toujours su ce pour quoi je n’étais pas bonne et quelles étaient mes forces.

Carte Blanche: Turning a Creative Passion into a Business - Clare Vivier, Tina Frey and Ellen Marie Bennett garance dore pardon my french

Sur ce qui les motive à développer leur entreprise…
CLARE : Il y a tellement de choses qui me motivent. J’adore le fait d’employer plein de gens. Nous avons environ 70 employés et j’aimerais en avoir beaucoup plus. Cela crée des emplois et donne un revenu aux gens.

ELLEN : Il faut définir tes propres mesures du succès. Se souvenir que ton aventure est ton aventure à toi, qu’il faut arrêter de regarder celles des autres, voilà ce qui me permet d’être en paix. Genre ok, arrête de regarder qui est en couverture de Inc., regarde un peu ce que tu fais toi-même ! Tu as une usine, tu as un époux qui t’aime, tu viens juste de te marier, tu es en bonne santé, tu as 31 ans et il y a des jeunes femmes qui t’admirent et disent “oh putain, elle a développé cette entreprise avec $300 !” Je devrais en être fière !

CLARE : Je suis d’accord avec Ellen, mais nous voulons aussi une place à une plus grande table. Et je crois qu’en ayant des entreprises de la taille de celles que nous avons aujourd’hui, Ellen et moi, nos mondes se sont ouverts sur d’autres mondes, qui sont majoritairement dirigés par des hommes et nous sommes assises à une table avec beaucoup d’hommes. Et je crois que c’est là que je voulais être assise.
ELLEN : Pareil. Mais nous ne voulons pas être assises là pour les mêmes raisons qu’eux.
CLARE : Évidemment. Pour pouvoir influencer les politiques, les décisions et la manière dont notre ville est en train de changer. Si seulement nous pouvions être assises à une table avec Garcetti et sa clique parce que nous représentons des entreprises possédées par des femmes, non, parce que nous sommes des entrepreneurs à Los Angeles, pas des entrepreneures femmes, simplement des entrepreneurs. Nous allons influencer les politiques d’une manière qui va bénéficier aux autres femmes. Je crois que ça fait aussi partie de nos motivations.

Sur les rêves qu’elles ont pour leurs entreprises…
TINA : Simplement de ne pas perdre son âme et de toujours créer quelque chose de beau que les gens peuvent apprécier et qui reflète cet état d’esprit. Parce que c’est de là que tout est parti au début et je ne veux pas perdre ça. Je ne serais pas contre grandir, mais je n’ai pas vraiment envie de trop me focaliser sur le business. Je veux être sûre que l’entreprise ne va pas perdre son âme.
CLARE : C’est une réponse très calme. C’est mon sentiment et j’adore ton sentiment, mais quand je pense à ce que nous faisons dans notre entreprise, nous ne guérissons pas le cancer, nous ne sommes pas d’une importance capitale. Mais ce que nous faisons, c’est que nous apportons de la joie aux gens, voilà notre mission, et voilà ce qui est optimal. Ce que nous pouvons faire de mieux, c’est de continuer à apporter de la joie, et si nous pouvons continuer à faire ça, voilà notre but ultime. Mais oui, je veux continuer à développer l’entreprise !

Sur le fait d’être fidèle à soi-même…
ELLEN : A toutes celles qui nous écoutent, je dirais que le parcours de chacune est différent, et ce qui vous rend unique, c’est vous, et c’est ce qui est différent de moi. Nous avons besoin dans ce monde de plus d’originalité et de points de vue et de perspectives différentes. C’est important de montrer la meilleure version de soi-même au monde, c’est ce qui vous apportera du succès parce que c’est ce qu’il y a de plus unique. Cette aventure est rude, douloureuse et difficile mais c’est le bon parcours. Ça ne va pas être facile mais ça en vaut la peine.

___________________

Allez découvrir les créations de Tina et restez au courant des derniers produits et collections ici ! Et pour connaître mieux Clare et sa marque, Clare V., vous pouvez aller avoir un aperçu de son monde ! Et ne passez pas à côté d’Ellen et de son entreprise, hedley & bennett pour tous vos besoins en tabliers et vêtements de chef. Et pour finir, si vous êtes à LA,passez au nouveau Firehouse Hotel dans le downtown LA, une récente collaboration de Clare et Ellen.

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