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Forest Bathing and the Healing Power of Trees

1 week ago by

C’était ma toute première. J’ai décidé que c’était une elle et je l’ai appelée Céleste. Nous nous sommes assises en silence pendant cinq minutes. Moi, les jambes croisées sur le sol, à regarder les minuscules fourmis rouges qui couraient sur elle. Au bout de quelques minutes, j’ai baissé mon regard et je me suis rendu compte que les mêmes fourmis couraient sur moi aussi. Nous avions déjà un point commun, ma première amie arbre et moi.

C’était ma première expérience de “bain de forêt” ou shinrin-yoku, du nom japonais – l’art d’apprécier la forêt avec ses cinq sens. Contrairement à ce que pensait un de mes amis, pas besoin de baignoire, ni de nudité. Pour le dire simplement, un bain de forêt consiste à passer du temps avec les arbres. Mais, puisque même dit comme même ça, ça me semblait menaçant (je suis une vraie citadine), j’ai décidé de contacter un guide à Los Angeles, là où j’habite. Récemment, un dimanche après-midi, j’ai donc rejoint une experte en bain de forêt appelée Julie ainsi qu’une autre débutante en choses naturelles, Sarah, sur le sentier de Limekiln Canyon – un chemin de 4 km dans la vallée de San Fernando à LA, qui serpente autour d’une crique au milieu des chênes et des pins. Pour commencer, Julie nous a demandé de choisir chacune un arbre et de passer quelques instants à nouer une relation. Et c’est comme ça que ma relation avec Céleste, la géante couverte d’écorce, est née.

Je m’étais suffisamment renseignée avant sur les bains de forêt pour savoir que la pratique était née en 1982, au moment où le Japon y avait consacré un programme de santé national. Des chercheurs avaient observé les bienfaits déstressants et relaxants de la forêt, la sylvothérapie est alors devenue une méthode pour lutter contre la dépression qui envahissait le pays (le Japon a un des taux de suicide les plus élevés des pays développés).

Dans son livre Shinrin Yoku : L’art et la science du bain de forêt, le Dr. Qing Li – membre fondateur de la société japonaise de sylvothérapie – pose les fondements scientifiques de cette pratique. Il explique que le fait de passer du temps en forêt spécifiquement (en opposition à d’autres environnements naturels comme la plage ou un champ) nous soigne parce que les arbres rejettent des phytoncides – des huiles naturelles qui protègent les plantes des bactéries, des insectes et des champignons. Ces phytoncides restent dans l’air de la forêt et ils apportent de nombreux bienfaits aux humains qui les inhalent, comme un boost du système immunitaire, une diminution des hormones de stress, une baisse de la pression sanguine, une réduction de la colère, une augmentation de la créativité, de meilleures compétences pour résoudre les problèmes et un meilleur sommeil. Et bonus supplémentaire : les bienfaits des bains de forêt sur l’humeur sont plus importants chez les femmes que chez les hommes.

Mais même si je m’étais renseignée sur les fondements scientifiques, je ne savais pas trop ce qui allait se passer pendant cette session de bain de forêt. Les instructions de Li précisent simplement qu’il faut délaisser son téléphone et son appareil photo et trouver un endroit avec une bonne qualité d’air, des nuisances sonores limitées et idéalement, un ruisseau ou une cascade (la machine à sons de la nature). Oh, et puis évidemment, plein d’arbres. Les arbres à feuilles persistantes (pins, cèdres, épicéas et conifères) sont les plus adaptés parce que ce sont ceux qui rejettent le plus de phytoncides. Ceci dit, vous n’avez pas besoin de vous enfoncer profondément dans la nature. Limekiln, le parc que Julie a choisi pour notre expérience, a un Starbucks juste en face de l’entrée. Vous pouvez passer de votre café à la forêt en trois minutes à pied. Li, qui vit à Tokyo, fait souvent des bains de forêt pendant sa pause déjeuner dans les parcs de la ville.

L’après-midi où je suis partie pour retrouver Julie, je m’étais dit que ce bain de forêt serait en gros une rando en groupe. Et j’étais un peu inquiète parce que nous avions prévu de passer trois heures ensemble. Je ne voulais pas vexer Julie ou Sarah mais bon… trois heures à marcher avec deux parfaites inconnues ? De quoi est-ce qu’on allait bien parler ? Alors, sur le trajet, j’ai réfléchi à une série de sujets de conversation. Je voulais me concentrer sur le sujet des arbres donc j’avais décidé de parler de quelque chose que j’avais lu sur la période Edo au Japon. A l’époque, la forêt était tellement sacrée que les Samouraïs qui régnaient coupaient la tête de ceux qui avaient coupé un arbre (pas vraiment la version calme du cajoleur d’arbre). Ensuite, j’aurais abordé le sujet de Game of Thrones (ça plaît toujours) et souligner que Bran passe un temps fou autour de l’Arbre-Coeur. Est-ce qu’il pourrait être amateur des bains de forêt ? Humm… Peut-être que c’est mieux de partir tout de suite sur GOT, puis de me lancer avec précaution dans les anecdotes de décapitation.

atelier dore forest bathing

Mais j’ai eu la surprise de découvrir qu’il n’y a pas beaucoup de conversation dans le shinrin-yoku. Julie m’a expliqué qu’à la place, elle allait nous guider pendant trois heures à travers toute une série d’invitations. Elle allait nous inviter à interagir avec notre environnement de manière solitaire puis nous allions nous retrouver pour partager nos observations. Julie a ramassé un bâton sur le sol et nous a expliqué les règles – le porteur du bâton serait le seul autorisé à parler et il fallait garder la conversation concise. C’était un peu Sa majesté des mouches mais bon, je voulais tester.

En plus de l’amitié avec un arbre déjà mentionnée, les invitations incluaient : marcher en silence, tremper ses pieds dans le ruisseau et se promener dans une zone avec des troncs brûlés par un feu de forêt pour voir si les arbres nous avaient laissé des messages dans les cendres. (Une des souches brûlées donnait l’impression d’avoir été trempée dans du cuir noir et j’ai décidé que ce tronc voulait dire que le punk n’était pas mort). L’invitation la plus étrange, ça a peut-être été quand Julie nous a dit de nous promener quelques minutes et de ramasser tous les trésors de la forêt qui attiraient notre attention, nous nous retrouverions après pour en parler. Au début, je me suis dit que les phytoncides lui étaient montés au cerveau mais au moment de se retrouver, chacune d’entre nous avait un tas de cailloux, de feuilles et de pommes de pin, j’ai trouvé l’exercice merveilleusement enfantin et étrangement relaxant.

Dr. Qing Li écrit dans son livre que nous avons deux manières de prêter attention à quelque chose : volontairement, ce qui demande un effort (travailler, conduire, lire) et involontairement, ce qui ne requiert pas d’effort mental (regarder les nuages, sentir une brise, savourer un coucher de soleil), aussi appelée la “douce fascination”. Et même si nous pensons que nous affaler devant la télé est la manière suprême de nous détendre, cet acte demande quand même un effort et n’est pas complètement réparateur. Contrairement au fait de passer du temps dans la nature. Li écrit : “Les vues et les sons apaisants de la nature permettent à nos ressources mentales de prendre une pause. Ils permettent à nos esprits de s’échapper, de réfléchir, ce qui permet à nos capacités mentales d’y voir plus clairement.” En admirant les pommes de pin et en observant les arbres, nous nous étions éloignées du bruit habituel – le trafic, les conversations, les podcasts et oui, même Game of Thrones.

Nous avons fini la journée par une cérémonie du thé. Julie a préparé l’infusion sur place avec des aiguilles de pins de la forêt fraîches et de l’eau chaude d’une thermos qu’elle avait dans son sac à dos. Elle a servi quatre tasses – une pour chacune d’entre nous et une en hommage à la nature (très gangster). En sirotant le thé, j’ai aperçu un petit garçon qui ne devait pas avoir plus de huit ans. Je l’ai regardé bondir de pierre en pierre, au-dessus du ruisseau. A mi-chemin, il s’est soudainement arrêté et il a regardé l’eau. Il s’est dit, à lui-même, “Oh waouh, c’est tellement beau.”

Quelques jours plus tard, en plein coeur de LA, j’étais assise sur le siège passager dans la voiture d’une amie. Nous étions en chemin vers un événement ce soir-là mais, surprise, il y avait plein de circulation. Elle a quitté la route principale pour passer par une petite route sur le côté mais les voitures s’entassaient par là-bas aussi. Frustrée, elle a commencé à s’énerver sur son volant.

“Merde. On va être en retard”, a-t-elle dit.

Je ne pouvais pas m’empêcher d’admirer la lumière de cette fin d’après-midi – les rayons dorés transperçaient les arbres sur le bord de la route. Il y avait quelques petits flocons blancs, des pissenlits peut-être, qui flottaient à travers les rayons, comme de la neige sur un ciel orange.

“Waouh, c’est tellement beau”, ai-je répondu.

________

Vous pouvez prendre un bain de forêt seul, mais si vous avez besoin d’un guide, vous pouvez aller sur le site Association of Nature & Forest Therapy Guides and Programs.

3 comments

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  • I live near the Otway forests on the South Eastern coast of Australia. I often go rambling for hours with my two boisterous sons. It calms them, soothes my anxieties and the air feels so pure and fresh. I also feel like my skin looks so much plumper and glowy after a forest ramble. I didn’t realise there was a science behind it! Looking forward to reading Dr Quing Li’s book.

  • I love hiking and spending time in forests but I never knew about all the heath benefits. I mean I knew it was good for us, but not the specifics of it. Very informative article. It was great to read your personal experience of embracing forest bathing.

  • je me sens toujours apaisée après avoir marché un moment seule en forêt…

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