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In Her Words: Veronica McCarthy

4 weeks ago by

Veronica nous a contactés quand on a sollicité des rédactrices d’articles autour de la beauté. Une semaine plus tard, on prenait un café avec elle, et maintenant, deux mois et quelques articles plus tard, je reconnais qu’elle m’a conquise… comme nous toutes ici. Elle est vraiment drôle, pleine d’esprit, maline, et évidemment, magnifique. Bon, allez, j’arrête et je laisse Veronica vous raconter comment elle s’est retrouvée confrontée à la norme et à sa propre image…

_____________________

Veronica McCarthy, Ecrivaine

A 22 ans, j’ai trouvé un cheveu blond solitaire au niveau de ma tempe gauche, et j’ai sauté de joie ! Mes cheveux revenaient à leur blondeur de l’enfance, comme quand j’avais cinq ans ! Ils reprenaient leurs droits, venant illuminer ce banal brun dont j’avais été gratifiée la puberté venue.

Ce soir-là, j’ai fièrement exhibé mon unique cheveu blond à mon copain de l’époque qui a rétorqué, l’air détendu : “Euh, ça m’a l’air gris.”

NON, MAIS QU’EST-CE QU’IL RACONTE ?

Il n’était pas gris. Je n’avais pas les cheveux gris. Pour moi, le gris était synonyme d’ovocytes périmés, errant et prenant la poussière dans mes trompes de Fallope, incapables de se diriger car à moitié aveugles. J’étais au top en termes de fertilité et de résistance aux cuites. Je l’ai mal pris et je lui ai claqué la porte au nez : il ne méritait pas ce cheveu blond.

Deux mois plus tard, mon cheveu blond faisait deux petits ! J’étais désormais l’heureuse propriétaire de trois cheveux blonds. Deux mois après, ils étaient quatre de plus ! Et… euh, attendez… Merde, il a raison. Ils sont gris.

J’étais à la fois terrifiée et fascinée par ce gris. Ils avaient tous élu domicile sur ma tempe gauche en signe de solidarité. Pour l’instant, ils étaient indétectables, à moins que je ne vous les mette sous le nez en vous suppliant de me trouver une solution. Ce que j’ai fait devant pas mal d’amies, avec l’élégance qui me caractérise ! Elles m’ont répondu qu’il y avait des choses plus graves, comme une guerre nucléaire, la pauvreté, le racisme… Bref, on m’a enjoint de me calmer. Ce que j’ai fait… en partie.

Mais après cinq années passées dans un job stressant avec pas mal d’heures sup’, les cheveux gris ont commencé à se reproduire en frappant gentiment à la porte de leurs follicules voisins pour leur dire à quel point la pigmentation était surfaite. Donc à 28 ans, je me suis retrouvée avec une mèche grise bien visible sur la tempe gauche.

Les femmes adoraient. Elles me suppliaient de ne pas la teindre. Note : Aucune de ces femmes n’avait un seul cheveu gris, donc leur avis est à prendre avec des pincettes et un regard vaguement exaspéré.

Les hommes, c’était 50/50. J’arrivais facilement à savoir si leurs fantasmes penchaient côté prof ou pom-pom girl en fonction de leurs réponses. Mon copain du moment a pris la voie du politiquement correct en me disant : « Je les adore, mais fais comme tu le sens. » Petite remarque : sa mère avait une mèche en tout point comparable, et je mentirais en vous disant que ça ne m’évoquait pas quelques pensées freudiennes.

Lors de mon rendez-vous bisannuel chez le coiffeur, je lui ai spontanément demandé de la teindre. Je voulais vraiment sentir que mes trompes de Fallope étaient en forme. Comme on pouvait s’y attendre, ça n’a rien changé de ce point de vue-là et ma mèche grise a même commencé à me manquer.

C’était décidé, j’irais à contre-courant en acceptant d’avoir une chevelure de neige dès 40 ans. J’ai pratiquement poussé un cri de guerre : « Au diable le patriarcat ! Je suis la seconde Jeanne d’arc ! Attendez un peu ! »

Six mois plus tard, ma mèche grise de retour, alors que je faisais la queue à l’aéroport, je me suis retrouvée derrière un DILF (comme Milf, pour les hommes !), mais genre à tomber. Imaginez Chris Hemsworth. Il voyageait avec sa mère et ses deux enfants. Il les couvait tous les trois du regard… et c’est alors que j’ai vu qu’il embrassait sa mère euh… avec la langue. D’abord paralysée d’effroi, j’ai réalisé que ce n’était PAS sa mère, mais sa femme, qui avait les cheveux gris.

Alors là, c’était terminé, je refusais qu’une espèce de sainte-nitouche puisse un jour me prendre pour la mère de mon futur mari. C’est bon, teignez-moi tout ça !

J’avais envie de prendre un bain de teinture au plus vite, mais la vie est passée par là, je me suis retrouvée prise par un travail passionnant, et, à part pour la petite touche de blush matinale, mon apparence a été reléguée au second plan. Ces cheveux gris me sont sortis de la tête. Et à ma connaissance, mes trompes de Fallope vont très bien.

Si je vous parle de ça, c’est que c’est la première fois que je me trouvais face à la question : « Comment gère-t-on les premiers signes visibles de vieillissement ? » On s’est beaucoup insurgé contre le terme « anti-âge », initiative que je soutiens pleinement, mais l’expression « vieillir harmonieusement » me pose aussi problème. Ça veut dire qu’une femme doit faire plus jeune que son âge ou alors être « bien conservée » pour son âge sans avoir l’air de faire d’efforts dans ce sens.

Vous voulez aussi que je chevauche une licorne sous les traits d’une sirène, que je sois gentille, agréable et souriante ? Parce que c’est bien l’impression que ça donne !

Vous savez comment les hommes vieillissent ? Bien. Ils vieillissent bien. Comme le vin. Ils gagnent en complexité, en profondeur avec le temps… et peut-être un peu de crème hydratante. Peut-être.

Moi, j’espère qu’avec le temps, je serai tellement prise par ma vie que j’accorderai un peu moins d’importance à mon apparence. Ce qui ne m’empêchera pas, si j’en ressens le besoin et l’envie de me tartiner de sérum à la vitamine C, de pratiquer le brossage à sec ou de goûter aux joies du Botox… car pour moi, la beauté, c’est avoir le choix.

En ce moment, je tente une nouvelle frange qui camoufle la plupart de mes cheveux gris. Ils restent visibles, mais seulement si on sait qu’ils sont là et qu’on les cherche.

Je ne suis pas encore vraiment sûre de ce que je ferai quand ils auront colonisé l’intégralité de mon cuir chevelu… s’ils s’en prennent à mon hémisphère sud, je ne réponds plus de rien. De toute façon, mon avis sur le sujet a changé mille fois.

Une chose est sûre : je n’ai pas fini de m’énerver contre les signes visibles de l’âge. Mais en chemin, je trouverai bien une copine souffrant de la même crise existentielle que moi, avec qui on pourra se lamenter de concert… avant de reléguer la problématique au second plan… jusqu’à la prochaine fois.

22 comments

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  • Mais quelle belle plume ! Drôle, juste, je comprends que vous soyez toutes conquises

  • Attack of the greys! Very funny. I’d love to see more of this style here :)

    I am talking holiday shine, cocktail dress edition, on my page: https://www.bitesizedreviews.com/blog/thinking-about-holiday-shine-cocktail-dress-edition

  • The idea that men age better than women is a myth. While there are a few George Clooneys out there, women take much better care of themselves. Take it from someone who just went to her 25th college reunion.

  • Veronica McCarthy 17 novembre 2017, 2:08

    ah, i see how my words misconstrued my sentiments. i was comparing what words society uses to describe men aging versus women aging, and why i find that troubling. not necessarily claiming that all men age well. but i will swoon over George Clooney and that perfectly weathered face of his with you any day of the week!

  • I agree that it’s a myth that men age better. Grey is more acceptable on men, if they keep their hair, that is. I am learning to love my greys more and more. It’s a natural progression, and now I use highlights to blend them in, instead of colour to eradicate them. To each their own but graceful aging is a goal of mine, not denial. Truth is always beautiful.

  • Yes to your current decision about the grey. Before your future self decides to cover it up, she should consider all the toxins hair dye puts into one’s body and into the environment. https://medium.com/@econester/gray-hair-rules-870f94fd37a6

    As for « aging well, » I’m not genetically gifted, probably would have been considered somewhat attractive in my youth. But while I don’t have a lot of control over the way my skin, neck, and hair are aging, I feel that I am in the best shape of my life. Staying fit through diet and exercise — both physical and mental — is my best hope for aging gracefully.

  • Les cheveux gris n’existent pas. Comment peut-on écrire de telles erreurs. Ils sont blancs ou colorés , n’importe quel coiffeur vous le dira.

  • Bonjour, Colette!

    En anglais l’expression « grey hair » est couramment utilisée, beaucoup plus que « white hair » si je ne m’abuse, mais il est vrai qu’en français, il faut dire « cheveux blancs ». J’imagine que la confusion vient de là! :-)

  • I have really loved reading the last 2 posts. Wonderful real women with humour and insight.

    Any chance that we could find our how Veronica and Heather both care for their long beautiful hair? Major envy.

  • Michael Villar 17 novembre 2017, 6:45 / Répondre

    Veronica, what makes you so beautiful has nothing to do with your hair. You have always impressed me with your kindness towards others, and your willingness to be open with everyone. That and the fact that you used to do Navy Seal training has always put you on a pedestal in my mind. Cheers to one of the greatest beauties I have ever had the fortune of knowing.

  • Brillant.I have exactly the same problem and I keep it like it is,as a sign of wisdom.Ahahah

  • muswellmummy 18 novembre 2017, 6:58 / Répondre

    At the age of 49 I decided to stop colouring my reddish brown hair with semi-permanent dye every 6 – 8 weeks and let the greys shine. It is the best decision I’ve made hair-wise and I wish I’d done it sooner (the texture is much better). I did go through a period of looking avidly at any woman with grey hair (few and far between) to see if I thought she looked ‘older’ or not. Then I thought who cares? Why should I care if someone thinks I look older than I am? It’s both sexist and ageist to be obsessed with youth and feeds into the current societal rejection of and patronising attitude towards the elderly (at least in the UK) . My husband and male friends all have grey hair (if they have any) and never would have felt the need to dye it. Men do not seem to worry so much about how young they appear to others – most I know measure their physical ability, not looks, as to how ‘young’ they feel. I don’t want to buy into the ageism of believing old is bad. If we live to be old it means we haven’t died young!

  • Good for all the women commenting that have decided to let their hair age naturally. When I look around at work or a crowd of women, those that clearly AREN’T coloring or highlighting are often the minority. It’s insidious and women are not well served by the exposure to toxics. Those toxics then require wastewater treatment and all of it creates unnecessary plastic waste. We really undercut our « we’re fine the way we are » self-talk with this kind of chemical intervention. When I listen to a woman tally up her perceived deficiencies (whether gray hair, lines, weight, etc.) I think to myself « are you scrutinizing ME that hard too? » And now that I am over 50 (and yes I have gray hairs!) that annoys me. Enough already. Just eat well, exercise, protect your sleep and get on with the important work of the world.

  • Ah, the greys…..

    For awhile I dyed a blond streak on one side of my brown hair in a sort of homage to Bonnie Raitt and her glorious grey streak. Then I decided to let the greys in and to my surprise and joy, I had my own white streak in the same place, just lurking there waiting to be revealed.

    Now I’m fairly grey and sometimes I think, hmmm, should I put in a streak of another color? A grey-haired friend of mine recently put in a magenta streak and I loved it.

    Grey is wonderful, but everyone should do what they want. As always.

  • I like natural products, I don’t want chemicals on my head, and I find outgrowth really really ugly.
    When I was 38 I had a long thought about dying or not dying and chose not to dye. I’m always full of admiration when I see women with beautiful white hair.
    I found the group ‘Going Grey, Looking Great’ on Facebook and they really convinced me:
    Don’t call it grey, but silver. And instead of the same color every woman gets out of a pot, you get your own unique color when you don’t dye.
    I’m 40 now and my hair is constantly evolving, the shades are changing, the new strands of silver hair look like highlights. I don’t like it every minute of the day, in some light it’s a bit of a shock how much my dark hair has changed, but I’ve made my decision and I’m sticking with it. I’m unique and different and natural and it’s a privilege to get older, because it’s the only way to live longer. I’ll keep taking care of myself physically, mentally and spiritually until I’m old and hopefully have beautiful completely white hair. You lose your youth, but you gain life experience and wisdom, and that’s a much bigger gift.

  • The Kitten Abides 19 novembre 2017, 7:01 / Répondre

    Ah, bless your heart. Just wait until you hit 50 and it’s all falling apart in various tiny, yet ever-so-noticeably cutting ways. My greys (which I will confess are harder to see being a undyed redhead than for those who have darker hair) are the least of my aging concerns, at almost 53. Other than spend great deals of money that I don’t have, my decision has become to just create the richest life I can as I get older. It does help that 1) after about 45 or so, you become invisible, and 2) that my eyesight isn’t what it used to be, so it’s way easier not to get caught up in minutely inspecting each day’s new disintegration. ;-)

  • Veronica McCarthy 20 novembre 2017, 10:18

    i love your sentiment and your « name » even more! and i’m sure you’re far from invisible. xoxo

  • I thoroughly enjoyed reading this. Beautifully written and honest.

  • Mamavalveeta03 20 novembre 2017, 2:08 / Répondre

    Welcome, Veronica! I have gone from dyeing my hair to goin’ with the grey, to realizing that my current shade of mouse grey is NOT in the least bit flattering to me (or my ego!) in any way. So, back to limited dye….a little swab of root touch-up, a bit of balyage and I’m good for several months. I figure it’s a non-invasive thing, and since I take great care of my skin and always have, I don’t intend to have any plastic surgery, unless my overhanging lids make it impossible to read. ;-)

    Oh, and I’ve known a few men that go kicking and screaming into their « red convertible years »…not all of them age easily, shall we say.

  • Hi everybody! I am 50 ( and a halffff) and my beloved hair are completely white and I ‘m so proud of them!! People stop me everywhere asking about my hair colour … « sorry.. Is this tour true colour? »-Yess ? Why??? Because I began with my first one at the age of 18!!! So come on Veronica ! You will be beautiful in total white belive me!

  • A man, I do not comment on whether he is bad or not, but the role of the woman in shaping the man’s personality is undeniable.
    giay nam

  • I’m 37 and this year started getting grey hairs which initially terrified me. I stopped dying my hair 2 years ago so maybe I’ve had them longer and my dark blond hair simply hid them better than I realised. I’m deciding whether or not I should dye/ not dye. Reading commenters point of views is refreshing!

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