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Career / Lauren Caris Cohan

3 months ago by

Lauren est une habituée du site. On a collaboré avec elle et Free People il y a quelques années pour des shootings. Depuis, Lauren et Garance sont devenues de grandes amies. Je n’ai pas passé beaucoup de temps avec elle mais Garance m’a toujours raconté des choses formidables sur elle et sur la façon dont sa carrière a évolué. Après plusieurs années couronnées de succès chez Free People, elle a récemment décidé de voler de ses propres ailes et a commencé à écrire et à réaliser des films pour la télévision, partageant son temps entre New York et LA (ça me rappelle quelqu’un !). J’ai rencontré Lauren il y a quelques semaines pour qu’elle nous parle de son parcours et c’était comme retrouver une vieille copine – une copine avec des projets vraiment passionnants !

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Où as-tu grandi ?
Je suis née à New York et j’ai passé presque toutes mes années de lycée dans le New Jersey, dans le comté de Bergen.

Que faisaient tes parents ?
Mon père était mannequin, acteur et musicien. Il faisait partie d’un groupe, The Token, avant qu’ils deviennent célèbres. Et puis il les a quittés et le groupe a cartonné. Il a commencé à travailler vers 35 ans. Il possédait une des premières sociétés d’informatique et de photocopie. Il était très créatif. Souvent, quand je rentrais de l’école, il était au piano et chantait. C’était un vendeur avec une âme d’artiste, qui s’est retrouvé avec un business peu créatif. Ma mère était mère au foyer. En ce moment, elle lève des fonds pour une université de Pennsylvanie. Elle a repris le travail quand mon père a pris sa retraite.

Quand t’es-tu installée à New-York ?
J’ai vécu à New York de 18 à 22 ans.

Et quand as-tu commencé à y travailler ?
Quand j’avais 21 ou 22 ans, la sœur d’un ami était rédactrice d’un magazine dans lequel j’avais travaillé une journée, dans le fashion closet, avant de réaliser que ça n’était pas fait pour moi. J’ai commencé comme assistante styliste peu de temps après ça et ensuite j’ai travaillé pendant six mois en freelance, toujours comme assistante styliste.

A l’époque, j’avais envoyé la candidature de mon boyfriend pour un job à Anthropologie, sans lui dire. Il avait décroché un entretien, il n’en revenait pas, il était directeur créatif dans une autre société à ce moment-là. Mais il a accepté d’y aller. On a déménagé à Philadelphie et j’ai trouvé un poste d’assistante styliste chez Free People. Le e-commerce n’existait pas encore, il n’y avait pas d’équipe en interne. Ils faisaient des shootings pour le site un ou deux jours par mois.

Alors je suis allée voir le directeur financier, je lui ai proposé de redéfinir le budget qu’on réservait à nos freelances en créant une équipe créative en interne. Et en 8 ans, cette équipe est passée de 2 à quasiment 50 personnes au moment où je suis partie.

Chez Free People, à chaque interview, j’avais l’habitude de dire : Si tu vois une opportunité que personne ne saisit, lance-toi et prouve-moi que tu es capable de le faire.

Tu travaillais là-bas depuis combien de temps quand tu es allée voir le directeur financier avec cette proposition ?
Environ un an. Quand on est jeune, on veut toujours viser plus haut – on a tellement envie de faire ses preuves, et parfois ça peut être vraiment difficile, parce que ça prend du temps, forcément. Chez Free People, à chaque interview, j’avais l’habitude de dire : Si tu vois une opportunité que personne ne saisit, lance-toi et prouve-moi que tu es capable de le faire. C’est la meilleure façon de progresser.

A quoi ressemblait cette équipe créative ?
On est parti de rien et on a fini avec 10 photographes et 5 mannequins sur le plateau tous les jours. Un vrai ballet de freelances, la porte ne se fermait jamais. Une équipe entière de stylistes, une équipe de post-production, une équipe de tournage, une équipe catalogue, une équipe de vente, qui créaient ensemble l’imagerie Free People. C’était une opportunité unique, on nous a fait totalement confiance.

Le directeur financier a fini par me dire : « Je vais te donner le budget et tu vas le gérer. Je te donne un an et tant que tu ne dépasses pas ce budget, tu peux faire ce que tu veux. » On a eu une vraie liberté créative. Ça nous a permis de faire tout ce qu’un budget traditionnel ne permet pas. On a pu aller au Vietnam, en réussissant à convaincre nos amis de venir travailler avec nous gratuitement parce que ça allait être une aventure incroyable, et dépenser tout l’argent comme bon nous semblait… Aucune autre entreprise de cette taille-là n’offrait un fonctionnement aussi « démocratique ». J’ai fini par superviser une équipe de gens à qui on permettait d’être très créatifs (moi compris), travailler avec des amis, voyager à travers le monde, dans les endroits les plus photogéniques qui soient. C’était vraiment la philosophie de la marque.

C’est passionnant ! Et on voit bien comment ça se traduit dans l’imagerie de la marque. Mais je sais que derrière tout ça se cache un travail colossal.
Quand j’étais assistante styliste, on a fait un shooting au Maroc, on a traîné des valises sur les dunes de sable, il faisait 45°C et tout ce que les gens peuvent voir de ça, c’est la photo Instagram de la dune de sable somptueuse sur laquelle on a marché. On a posté ça, genre : regardez comme c’est fascinant ce qu’on vit, mais on était déshydratés, épuisés et on avait travaillé comme des fous. Mais tant dans l’industrie du cinéma que dans celle de la photo, c’est devenu bien plus facile d’être créatif, et ça c’est formidable. D’un autre côté, les gens ne se rendent pas compte de la quantité de travail qu’il faut fournir pour en arriver là. Surtout pour la vidéo, c’est hallucinant, personne n’a idée du travail et des efforts qu’on produit pour faire un court-métrage de 30 secondes ou d’une minute. Il ne suffit pas d’avoir une équipe de tournage, même réduite au strict minimum.

Instagram a vraiment changé la donne. On était passés de l’excitation de recevoir un catalogue à un trop-plein d’images redondantes. On est bombardés d’images tous les jours.

Une fois l’équipe en place, quel a été ton nouveau rôle dans l’entreprise ?
Je suis devenue directrice artistique. Et je le suis restée toutes ces années. Ça ne m’a pas dérangée, c’est une entreprise dans laquelle les intitulés ne définissent pas un poste, ce n’est pas la partie la plus importante du process. Et tant que je pouvais continuer à monter des projets, ça n’avait pas d’importance pour moi.

Et comment était la vie à Philadelphie, par rapport à New York ?
C’est une ville fascinante, magnifique. Il y a des musées formidables, de la bonne musique et de la super nourriture. J’étais en couple. On avait un chien et on passait nos weekends au marché fermier. Quand on s’est séparés, on est tous les deux retournés vivre à New York. [rires] Mais la vérité, c’est que j’ai tellement voyagé jusqu’à l’année dernière que je n’avais aucun ancrage, aucun endroit que j’aurais pu appelé mon foyer, et c’est ce qui m’a en partie décidée à faire des changements dans ma vie, parce que ça devient vite épuisant de vivre comme ça.

A ce poste, comment tu t’impliquais dans les différentes composantes et départements de la marque ? Un directeur artistique peut couvrir beaucoup de domaines…
Je travaillais avec le fashion director, avec le directeur merchandising – on avait tous des jobs différents mais j’étais surtout responsable de la création de tous les concepts, de l’imagerie, des films, du catalogue, et du contenu pour le e-commerce. Et chacun de ces secteurs disposait de sa propre équipe. On avait 11 catalogues par an, on devait imaginer 11 concepts, c’était un déluge permanent de contenu, et on devait élaborer des stratégies nouvelles et innovantes pour développer la marque, qui possède une très forte identité visuelle, et faire en sorte que les gens aient envie de revenir et d’en voir plus.

On a tout fait, de la fusion de contenu entre les catalogues et les films à différents concours. On voulait sortir de la routine, ne plus être blasés de voir une fille voyager autour du monde, que ce soit Anja Rubik ou Erin Wasson. Instagram a vraiment changé la donne. On était passés de l’excitation de recevoir un catalogue à un trop-plein d’images redondantes. On est bombardés d’images tous les jours.

Comment la prolifération des médias numériques et sociaux a-t-elle changé ton travail ? Ça a forcément impacté la façon dont votre contenu était délivré.
J’ai commencé à me lasser de faire des images, mais en même temps, tant que je continuais à apprendre, à progresser dans mon job, j’étais vraiment satisfaite. Il y a 4 ou 5 ans, à peu près aux débuts d’Instagram, on a commencé à faire des courts-métrages. Et là j’ai réalisé que c’était exactement ce dont j’avais envie. Le médium est différent et l’approche narrative est forcément différente selon qu’on crée des images fixes ou des images en mouvement, mais pour moi l’esprit était le même. On a commencé à faire des films, et ils ont été super bien accueillis. J’ai eu beaucoup de chance, j’ai pu écrire, diriger, produire, m’occuper des castings, tout ça avec une équipe formidable. On a créé une vraie société de production en interne et on a fait des courts-métrages. C’est vraiment intéressant parce qu’en terme de contenu, quand il s’agit de films pour une marque, personne n’est en mesure de saisir l’étendue des possibilités. En matière de vidéo, il reste encore tant de choses à découvrir, et c’est cet esprit qui animait notre travail. Et je ne suis pas sûre qu’on arrive au bout de cette recherche un jour.

C’est marrant parce que vu de l’extérieur, ça a toujours l’air hyper glamour. Mais on peut se sentir vraiment seul, même entouré d’amis, on est loin de chez soi et la seule chose qu’on veut, c’est dormir dans son propre lit. Mais ces expériences ont fait de moi la personne que je suis, et j’ai beaucoup de chance d’avoir pu les vivre.

Comment t’es-tu formée? Tu as dû acquérir beaucoup de nouvelles compétences.
J’ai eu beaucoup de chance, Free People m’a fait entièrement confiance. Comme les films étaient bons, ils étaient super bien accueillis, alors on a pu continuer à en produire. Plus on en faisait, plus j’apprenais, je me perfectionnais. J’ai réussi à apprendre sur le tas.

Et en même temps on shootait nos catalogues et les images de nos campagnes. Je devais combiner les budgets pour qu’on puisse tout faire. Du coup, au sein de l’équipe, tout le monde devait vraiment avoir envie d’être là, parce que c’était un travail titanesque.

Quand tu étais chez Free People, comment as-tu réussi à travailler avec la crème des top models et des photographes ?
Au début, l’équipe a passé beaucoup de temps à monter des combines pour qu’on puisse avoir ceux avec qui on rêvait de travailler. J’ai toujours essayé de rendre ça le plus fun, créatif et collaboratif qui soit pour que les models et les photographes sachent qu’avec nous ils vivraient une super expérience. On a réussi à faire du très beau travail en saisissant ces filles au naturel – pas de maquillage et pas de talons hauts. Elles ressemblent à ce qu’elles sont dans la vraie vie et je les ai toujours encouragées à s’exprimer, à donner leur opinion et partager leurs idées sur le projet.

On a fini par se bâtir une solide réputation et on a continué de travailler avec les mêmes talents, encore et encore. On choisissait des models et des photographes avec une vraie curiosité et un goût certain pour le voyage – certains trajets de 30 heures en car étaient loin d’être glamour voire déconseillés aux personnes fragiles.

Tu étais basée à New York et Free People à Philadelphie, et tu étais souvent sur la route, comment tu organisais ton travail avec toute cette distance ?
Ils ont été fantastiques, ils m’ont permis de travailler depuis New York quatre jours par semaine, et m’ont fait confiance pour que le travail soit fait. Ça n’a jamais posé problème. Avec les moyens de communication actuels, je suis joignable par texto tout le temps. Mais on voyageait vraiment beaucoup, 240 000 km par an, c’était épuisant.

C’est marrant parce que vu de l’extérieur, ça a toujours l’air hyper glamour. Mais on peut se sentir vraiment seul, même entouré d’amis, on est loin de chez soi et la seule chose qu’on veut, c’est dormir dans son propre lit. Mais ces expériences ont fait de moi la personne que je suis, et j’ai beaucoup de chance d’avoir pu les vivre. Et j’avais une équipe formidable et ça fait toute la différence quand on travaille avec des gens passionnants et ambitieux, qui veulent faire du bon boulot.

Ça fait une grosse différence, effectivement.
C’est génial ! Ça n’a pas de prix !

Si j’avais un conseil à donner, ce serait : Foncez. Peu importe ce que vous voulez faire, la seule chose qui vous empêche d’avancer, c’est la peur.

Ta vie a beaucoup changé, maintenant tu développes plus de films et des projets pour la télévision. Tu peux nous en dire un peu plus sur cette transition professionnelle ?
Il y a deux ans, on a fait venir la directrice marketing de Vimeo. On voulait essayer de trouver comment développer notre contenu vidéo de façon significative. Si on dépensait autant de temps et d’énergie à créer du contenu, comment faire en sorte que les gens le voient ? On a commencé à parler de réalité virtuelle, un sujet qui me fascine. La VR offre des possibilités tellement intéressantes. On voulait être la première marque de mode à produire du contenu VR vraiment cool. Et puis notre objectif a évolué : devenir la première marque à produire une série de contenus de marque sans qu’on puisse deviner que c’est du contenu de marque. On a commencé à réfléchir à du contenu VR qui serait comme une série, avec des épisodes. C’est comme ça que sont nés Dream Girl et mon dernier film pour Free People.

Quand on a réalisé qu’on tenait une idée vraiment originale, le directeur financier m’a donné carte blanche pour trouver comment faire évoluer le projet. A ce moment-là, je savais déjà que je voulais être cinéaste. J’adore la mode, mais je sentais que je n’avais plus d’histoire à raconter autour de cette marque. J’entrais dans la trentaine, j’ai senti que c’était le bon moment. C’était maintenant ou jamais.

Grâce à mon ami et mentor Ben Younger, on a présenté le film à CAA, et avec Free People, on s’est associés à Imagine Entertainement, la société de Ron Howard et Brian Grazer. J’ai signé chez CAA, en tant que scénariste et réalisatrice de films et de projets pour la télévision. Et maintenant j’ai un manager fabuleux et je viens de signer chez Anonymous Content en tant que directrice commerciale. Tous ces changements, c’est grâce à Dream Girl, pas exclusivement mais ça m’a donné une grande impulsion.

Cette semaine, je suis à LA pour du pitching. J’ai des pitches à faire devant plein de chaînes de télévision. Le show ne s’appelle plus Dream Girl, c’est Lucid maintenant. Jessica Mecklenburg est ma co-scénariste, ma co-créatrice, c’est une femme fantastique. Elle était l’un des producteurs exécutifs de la série Stranger Things sur la première saison et l’une des scénaristes.

Si j’avais un conseil à donner, ce serait : Foncez. Peu importe ce que vous voulez faire, la seule chose qui vous empêche d’avancer, c’est la peur. J’avais vraiment un job de rêve, et ça a été très difficile de le quitter. Mais si ce n’est pas le cas pour vous, c’est qu’il est temps de passer à autre chose, quelque chose qui vous donne envie de vous lever le matin.

En ce moment, j’adore les lundis parce que j’ai devant moi toute une semaine pour prendre le temps de réfléchir à ce que je pourrais faire, à comment je pourrais progresser.

[NDLR : Depuis notre entrevue, Lucid a été acheté et est en phase de développement chez Hulu. Lauren dirige son premier long métrage et est en train de développer d’autres séries télé.]

Comment as-tu rencontré Jessica ?
Jessica est aussi représentée par CAA, tout comme Imagine, la société de production qui a co-developpé le projet et a rencontré beaucoup, beaucoup de scénaristes. Elle est incroyable, c’est une scénariste prolifique (et une nana en or) et comme elle a rencontré un succès fou avec son travail, notamment Stranger Things, on lui présente des centaines de projets. Et elle a choisi le mien ! (J’ai une chance folle !) Et maintenant on travaille ensemble sur plusieurs projets.

Ce qui me tient vraiment à cœur actuellement, c’est d’aider d’autres femmes, les encourager à faire des choses comme celles qu’on fait toutes les deux avec Lauren. J’ai aussi créé une société de production, Lolly Would, qui propose des services créatifs, avec ma creative producer, Helena. C’est passionnant d’avoir plusieurs projets en parallèle.

J’écoute les gens parler de leur façon de travailler, leur point de vue m’inspire.

Comme on disait tout à l’heure, c’est une grosse transition, de passer de la sécurité d’un job à plein temps à un job assez nouveau, surtout en tant que freelance, tu es ton propre patron. Tu peux nous en dire plus sur le sentiment d’être partagée entre deux carrières quand tu as commencé à envisager cette transition ?
Ce n’est vraiment pas évident de quitter un « job de rêve » – cette perspective m’a longtemps terrifiée. J’ai passé beaucoup de temps à me remémorer combien j’avais de la chance et à quel point j’étais reconnaissante d’avoir eu l’opportunité de diriger, de créer et de voir le monde à travers un prisme incroyable.

Mais ça avait beau être un job unique, je n’étais pas heureuse. J’ai commencé à me sentir comme engourdie, moins créative, j’avais moins envie de travailler – je ne me sentais pas bien. J’ai même commencé à regretter que personne ne veuille prendre ma place.

Avant de quitter mon poste, j’ai commencé à parler stratégie avec mes nouveaux managers et agents, à propos de ma carrière de cinéaste. Je me souviens que j’avais des insomnies, mon esprit était complètement saturé par les nouvelles idées – je n’avais pas ressenti ça depuis longtemps. Mon travail me rendait tellement heureuse que j’avais envie d’exploser. C’est à ce moment-là que j’ai su que j’avais pris la bonne décision.

Le manque de cadre et de régularité peut être déconcertant par moments mais ça me fait aussi avancer et ça me motive. Le temps est précieux, j’en prends de plus en plus conscience à mesure que je vieillis. Pour l’instant, j’essaye de ne pas avoir de trop grandes attentes et de profiter de cette aventure.

Et comment les choses ont-elles évolué, maintenant que tu es ton propre boss ? Tu n’as plus d’entreprise sur laquelle t’appuyer…
La pression est très forte. Tout repose sur mes épaules. C’est merveilleux et en même temps, je suis en première ligne en permanence. Mais c’est passionnant. Pour mener à bien tous mes projets, je dois m’entourer de beaucoup de gens. Des gens talentueux. C’est très agréable. Et puis ça fait aussi vraiment du bien de s’attribuer le mérite de quelque chose (et niveau ego, c’est une expérience un peu bizarre). Pouvoir dire : je l’ai fait. Pendant des années, mon nom n’a jamais été crédité dans les projets que j’ai menés. J’étais vraiment fière d’avoir participé à ces projets mais au bout d’un moment, j’ai fini par réaliser que personne ne savait que j’en avais fait partie !

A quoi ressemble une journée-type maintenant que tu travailles sur ces projets ?
Je me sens en meilleure forme et plus centrée qu’auparavant. En ce moment, je me lève à 7h et je vais au yoga à vélo, j’écris avec Jess pendant quelques heures et généralement, j’ai une réunion au studio l’après-midi. Que du bonheur ! Avec mon amie Phoebe Tonkin on travaille aussi sur un projet de court-métrage. Je mesure vraiment la chance que j’ai d’avoir ces collaborations créatives avec des amis pour qui j’ai le plus grand respect.

Tu partages ton temps entre New York et LA, comment tu vis ça ?
J’ai passé beaucoup plus de temps à LA qu’à New York cette année, mais New York restera toujours ma maison. Je suis très libre, je peux y passer la moitié de l’année ou bien aller là où le vent me porte, c’est vraiment merveilleux. Et puis avec tous les voyages que j’ai faits pendant toutes ces années, sauter dans l’avion, c’est vraiment facile.

Comment tu trouves l’équilibre dans ce que tu fais et comment tu canalises ta créativité ?
Je suis plus créative quand je parle avec d’autres créatifs. J’écoute les gens parler de leur façon de travailler, leur point de vue m’inspire. Je peux prendre le temps de faire ça maintenant, et j’ai aussi du temps pour moi… Le regard que je porte sur les choses a beaucoup évolué.

Ton plus gros défi au niveau professionnel en ce moment ?
C’est un apprentissage constant. Pendant très longtemps, j’étais la seule responsable, de la conception à l’exécution. Et maintenant, je dois répondre aux attentes d’un client ou d’une société de production. La voie qui s’ouvre à moi est pleine d’espoir et d’opportunités, mais je n’ai plus le même pouvoir qu’avant, quand je donnais vie à mes propres idées. Tout ça, c’est donc très nouveau pour moi. Je peux m’enflammer sur 50 projets différents et qu’aucun d’entre eux ne voit le jour. Il faut que j’apprenne à ne pas me décourager quand ça arrive. Et puis je passe beaucoup de temps à attendre – attendre des mails. La vie de freelance est vraiment différente.

Les projets qui te motivent le plus en ce moment ?
Je suis super motivée par mon projet Lolly Would. Et aussi ma collaboration avec Jessica, et les longs métrages sur lesquels on travaille toutes les deux. Et j’ai trop hâte de faire du pitching pour Lucid cette semaine, ça a vraiment été mon plus gros projet depuis deux ans. J’ai envie de monter des projets et d’avoir une voix qui ne soit pas associée à une marque, ma propre voix ! Pas celle de quelqu’un d’autre.

Tu dirais que tu as un mentor ?
Garance, bien sûr, et mon ami Ben Younger, qui est réalisateur et scénariste. Jessica est aussi l’un de mes mentors. C’est vraiment incroyable de voir à quel point c’est motivant de se sentir entouré, de savoir qu’on peut compter sur eux. Le plus important, c’est de rencontrer quelqu’un qui te comprend, c’est toujours ce que je recherche. C’est tellement agréable, ces discussions dont on ressort comme nourri. Si je devais donner un conseil, ce serait de trouver quelqu’un qui vous respecte, qui croit en vous et en votre projet, et lui poser des questions. Parfois, ce qui nous fait le plus peur, c’est de poser des questions.

Le meilleur conseil qu’on t’ait donné ?
Crystal, la fashion director de Free People, est comme une sœur pour moi. Un jour, on était en voyage et elle m’a dit ceci : « Sois celle que tu voudrais être. Va toujours de l’avant. Regarde au-delà de l’horizon. Regarde toujours au-delà pour être prête, l’élan, c’est vraiment important. Les gens sont attirés par les personnes qui croient en elles. »

Ton rêve pour l’avenir ?
A travers le cinéma, raconter de belles histoires, percutantes, émouvantes. Et ensuite pouvoir soutenir des jeunes femmes et les aider à réaliser leur potentiel de multiples façons. Ça me met en rogne de voir à quel point les jeunes femmes peuvent se focaliser sur l’apparence physique. Je voudrais aider à éduquer les filles, les soutenir pour qu’elles deviennent des femmes sûres d’elles-mêmes.

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On en a aussi parlé: Free People’s Dream Girl, Lolly Would, Free People Morocco, Erin Wasson for Free People, Series Lauren directed for AG for Alexa Chung, CAA, Ben Younger, Jessica Mecklenburg & Stranger Things, Phoebe Tonkin

9 comments

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  • Saglara Lidzheeva 23 juin 2017, 11:43 / Répondre

    what a wonderful, inspiring interview. I’ve seen Lauren’s work at FP and the evolution of it <3

  • J’ai tout de suite accroché à cette interview car Free People est une marque que j’adore ! Quel parcours :)
    J’ai aussi super envie de visiter Philadelphie maintenant !

    Des bisous,

    Midori.
    http://www.bowsome.com/

  • Great interview — very thorough and inspiring!

  • Watching/reading/obsessing over Free People’s editorial direction almost ten years ago, and watching it evolve, got me interested in producing content and digital media. I’ve built a great career out of it.
    It’s so wonderful to hear from the force behind that. You inspired this girl in ways she never realized, and gave me the confidence to tell people ‘yes digital content can matter’ and then follow through on creating it!

  • merci pour la sincérité et l’énergie communicatrice !

  • cette interview m’a complètement déprimé…. mais keske j’ai fait de ma vie moi?… on a l’impression qu’elle a vécu 100 vies et qu’elle a l’énergie de 100 personnes… déprimant… je voudrais savoir si y’a qu’a moi que ca a fait cet effet la??

  • Sanata 29 juin 2017, 6:36

    Je comprends ton ressenti. J’aurais eu le même, il y a encore quelques mois. Mais l’expérience m’a appris une chose fondamentale, qu’on a trop souvent tendance à oublier : il est inutile de comparer ton extérieur avec celui des autres. Lauren donne l’impression d’avoir vécu 100 vies, comme tu le dis… parce que c’est SA vie, justement ! Elle a trouvé ce qui lui convient et la rend heureuse – et elle s’en est donnée les moyens. C’est l’effet que produise tous les gens qui ont trouvé leur place et, si ce n’est pas (encore) le cas pour toi, je te souhaite de tout cœur de trouver la tienne. C’est bien plus à ta portée que tu le crois ;) :)

  • :)

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