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Flaws and All

2 months ago by

Les cicatrices sont un peu dans un no-man’s land esthétique. Ce sont des imperfections qui font rarement l’objet de conversations (ou de spots publicitaires) comme les rides ou les cheveux blancs. On n’en parle pas, même si c’est quelque chose d’universel, souvent lié à une histoire personnelle particulière. Très concrètement, ce sont des blessures, mais elles incarnent aussi la force et la fragilité du corps humain. Elles témoignent d’une erreur, d’une vie vécue, d’une passion… et elles se confondent avec vous.

On a invité Sophie, Jane et Teaunna au Studio, trois femmes qui ont des cicatrices d’origines très différentes, pour évoquer ces cicatrices, leur provenance, ce qu’elles en pensent et l’impact que ça a pu avoir sur la relation qu’elles entretiennent avec leur corps. Avec en special guest, le chiot d’Emily, Fitz, qui n’a pas de cicatrice, mais qu’on n’a pas pu se résoudre à chasser !

beauty scars jane coxwell garance dore photo

Jane Coxwell

D’où vous viennent tes cicatrices ?
De mon travail. Je suis chef, donc ce sont des souvenirs de cuisine… quand je vais trop vite, que je suis stressée… c’est ce qui arrive quand on place son boulot avant son corps [rires]. Ce sont surtout des brûlures. Parfois, j’ai des marques quand je prends des plats ou des assiettes qui étaient au four mais ça ne fait pas forcément de cicatrices, c’est pour ça que le corps humain est génial ! Mais en général, tout ce qui est sur mes avant-bras, c’est à cause du four.

Tu y penses souvent, et si oui, quand ?
Je n’y pense que dans les 24 h où je me les fais. Simplement parce qu’une brûlure, dans les 24 h qui suivent, ça brûle. En général, quand je passe mes mains sous l’eau chaude, quand je me lave les mains, ce genre de chose.

Tu te souviens de tes premières cicatrices ? Que ce soit lié à ton travail ou non…
J’ai quelques ongles un peu bizarres, parce que j’ai dû les découper avec un couteau et ils n’ont jamais vraiment repoussé. Moi, je me sers de mes doigts pour guider mon couteau, mais parfois, quand on veut aller vite, on a un doigt qui glisse, et hop, plus d’ongle ! Ça, c’est le genre de marque qui reste…

Ces cicatrices affectent-elles la façon dont tu te perçois ?
J’en ai souvent un peu honte… Quand les gens ne savent pas ce que je fais mais qu’ils voient toutes ces marques sur mes mains et mes avant-bras, j’ai l’impression qu’ils se posent des questions… C’est souvent pour ça que je me sens obligée de me justifier en disant que je suis chef. Sinon, je me dis toujours qu’ils vont trouver bizarres toutes ces marques, mais je sais que c’est dans ma tête…

Et si tu pouvais revenir en arrière et tout effacer ?
Très bonne question. Je ne le ferais pas. Je ne sais pas trop pourquoi. Sans doute parce qu’il y a de l’affect dedans. J’ai une crème anti-cicatrices, mais c’était pour la fois où je me suis fait enlever un tatouage ! Je n’en ai jamais mis sur mes cicatrices, donc ça veut bien dire ce que ça veut dire !

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Flaws and All

beauty scars teaunna gray garance dore photo

Teaunna Gray

D’où vous viennent vos cicatrices ?
Je devais avoir 2 ou 3 ans, j’étais au centre commercial avec ma mère (c’était une mère célibataire, elle m’a eue adolescente) et ma sœur jumelle. On était tout le temps toutes les trois. On était à Toronto, d’où je suis originaire, et on courait partout… c’était la phase d’apprentissage de la marche… et j’ai foncé dans une vitrine. Je me suis cogné la tête dans un coin, et pendant que ma mère essayait de me consoler, ma sœur s’est enfuie…Il y avait plein d’inconnus qui essayaient de m’aider ou de retrouver ma sœur en me demandant : « A quoi ressemble-t-elle ? ». Ma mère répondait : « A sa sœur, comme deux gouttes d’eau ! » Donc tout le monde est parti à sa recherche… elle était juste en train de jouer avec des chaussures. Ensuite, on est allées à l’hôpital où j’ai eu des points de suture.

Tu penses à ta cicatrice ? Et si oui, dans quels cas ?
Non, je n’y fais pas attention. Elle est pile au milieu de mon visage, hyper visible, mais je n’y prends plus garde. Plus jeune, j’étais très complexée, mais plus maintenant. Petite, c’était plus difficile, je me sentais différente. Et comme en plus j’avais une vraie jumelle, c’était toujours ce dont on se servait pour nous distinguer, genre : « Teaunna, c’est celle qui a la cicatrice. Teshaunna [ma sœur], c’est l’autre. » Ce n’est pas que je trouve que ça m’enlaidisse, mais c’est tout l’aspect stigmatisant, le fait que ce soit perçu comme un « défaut » … c’est ça qui est le plus pénible.

Est-ce que ça a changé ta perception de la beauté ou de la féminité ? Est-ce que c’est quelque chose que tu as essayé de cacher avec du maquillage ?
Oui, petite, je portais une frange, que je voulais faire pousser pour que ça recouvre toute la cicatrice. C’est peut-être aussi lié au fait que j’avais une jumelle, et qu’elle n’avait pas cette particularité. Mais maintenant, je l’adore, ma cicatrice, c’est vraiment moi.

Et si tu pouvais revenir en arrière et l’effacer ?
ça fait toujours un peu cliché de dire : « Non, c’est vraiment moi. », mais je pense que si c’était possible, oui, j’aimerais revenir en arrière. Mais bon, comme ce n’est pas possible, je m’en accommode.

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beauty scars sophie marx garance dore photo

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Sophie Marx

D’où te vient cette cicatrice ?
Du 7 août 2016. C’était un beau dimanche. Je me souviens qu’il était midi, parce qu’on devait quitter Montauk à 14 h. C’était la troisième ou quatrième fois que je faisais du skate. Je suis tombée une première fois et je me suis râpé la cheville… trois fois rien. Comme je suis butée, j’ai décidé de remonter sur le skate. Et cette fois-là, j’allais trop vite, je ne sais pas ce qui s’est passé… le temps que je réalise, je volais dans les airs… Je suis tombée, j’ai entendu un gros crack, et là, double fracture ouverte du coude gauche. Je n’ai pas appelé d’ambulance (rires), et à la place, j’ai enduré 45 mn de trajet en voiture alors que je souffrais le martyre. C’est mon mec, Ben, qui conduisait, il a essayé de demander à une voiture de flics de nous escorter à l’hôpital de Southampton, qui n’est pas forcément le plus accessible un dimanche midi d’août. On est arrivés, et sept heures plus tard, on m’opérait en urgence. Résultat : 15 points de suture, et 15 cm de tige métallique dans le cubitus.

Est-ce que tu y penses souvent, et dans quels cas ?
J’y pense tous les jours. Parce que ça me fait encore mal et que je continue la kiné. Je ne peux toujours pas faire plein de trucs que j’aime. Donc ça me rappelle constamment la présence de cette cicatrice. Je ne peux pas faire de yoga, de surf, ni porter de trucs trop lourds. Au début, je ne pouvais même pas me laver la tête ou boutonner mon jean… des trucs qu’on fait sans y penser. Donc oui, j’y pense tous les jours. Et puis, à la gym, j’ai toujours droit à une petite remarque, du genre : « Ah, c’est gore ! » Et moi, j’hallucine que les gens me fassent la réflexion, moi je n’oserais jamais dire ça à quelqu’un.

Est-ce que ça a modifié la façon dont tu te perçois ?
Je suis plus vulnérable, mais j’ai beaucoup de respect pour ce que mon corps a supporté et supporte encore, donc d’une certaine façon, oui, je fais plus attention, quand par exemple je dévale une dune pour aller sur la plage, je suis plus attentive… Je sais que mon corps est fragile, ce qui d’ailleurs ne m’enchante pas vraiment. Du coup, ça me motive encore plus pour aller mieux rapidement.

Est-ce que ça a un impact sur la façon dont tu t’habilles ?
Non. Je n’y pense vraiment jamais au moment de m’habiller. C’est quelque chose dont je ne me rends pas compte, à moins de me regarder dans le miroir. Et je crois que j’en suis arrivée à un point où j’en suis fière, même si, quand même, il ne faut pas exagérer, je n’ai pas eu de césarienne. Ce n’est quand même pas une blessure de guerre. J’essayais juste de faire du skate. [rires] C’est un peu une blessure de gosse.

Si tu pouvais revenir en arrière et la faire disparaître ?
Je crois que je la garderais. Ma mémoire est peut-être sélective, mais je me souviens d’un super week-end, c’est un moment que j’ai envie de garder en mémoire. Bon, je n’avais pas franchement besoin d’une cicatrice pour m’en souvenir, une photo aurait suffi [rires], mais non, je ne changerais rien.

Flaws and All

40 comments

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  • Bravo, j’ai trouvé cet article vraiment intéressant et en relation avec notre vie quotidienne à tous et à toutes.
    Ca fait du bien de sortir un peu du glamour et des photos/articles sur des filles parfaites!

  • This was beautiful! Thank you for highlighting flaws in this story. I love the stories behind each one. They show how strong and fearless each woman is! There is beauty in each one.

  • Merci pour ce article, qui permet d’explorer d’une autre manière notre rapport si complexe au corps. Je vis avec une cicatrice très visible de 40 cm dans le dos. Je ne l’effacerais pour rien au monde, c’est mon histoire écrite sur mon corps. Un corps difforme, en raison d’une grave scoliose, qui m’a complexée toute ma vie, de l’adolescence au momentoù j’ai été opérée, 40 ans plus tard. L’intervention m’a réparée, remise dans mon axe, dans tous les sens du terme, et ça été une expérience très très forte. L’empreinte sinueuse du bistouri est celle de mon parcours, comment ne pas l’aimer?

  • Cool to see a chef! My husband is a chef but no scars yet… fingers crossed.

    -Kirsten // http://www.porkandcookies.com

  • This, I love…flaws/imperfections and our love of them!
    http://brooklynchateau.blogspot.com/

  • Vraiment de belles photos avec des cicatrices, des cernes, des rides. La beauté de la vraie vie! Merci.

  • These scars are not too bad, as flaws and scars go. I suppose having a hurting arm is worse than having a scar to show for it.
    Lovely pup!

    I wonder: has Erik left the studio? I’ve noticed his absence and some new photographer names.

  • this is so interesting. appreciate it. i have scars over the tops of my feet from a huge pot of boiling water falling on them. it was a slow healing and recovery. i find i am self-conscious about them – tend to wear shoes/sandals to somewhat cover the scars. actually, they healed quite well – but the process was frightening and yes, i agree – i’m a bit more careful with my body now – i realize the fragility.
    thank you again – wonderful column.

  • I love this post. It’s sensitive and real and liberating. Thank you.
    I can relate because I have a big scar inside my left knee, from a third grade,
    walking home from school, near fatal mishap.
    14 stitches. And it was greenish and purple for years.
    It has become part of me now, and I love it.
    Just an outward sign of being alive, and surviving life’s
    twists and turns. Funny that the topic of scars can lead to
    joyful self-acceptance.

  • merci pour cet article!
    très touchant!
    j’ai moi même une grande cicatrice sur la cheville, suite une une triple fracture. Cela a totalement bouleversé mon corps. plus de trois ans après, il y a encore plein de geste que je ne peux pas faire… mais on s’habitue.
    Cela a totalement transformé aussi ma façon de m’habiller.. j’adorais mes chevilles, plutôt fines mais impossible d’exposer au soleil ou de mettre en avant cette partie du corps désormais. Fini aussi les talons! :)

  • I appreciate your postings and always done in a beautiful way!
    I wish there was more of a focus on the heart , soul , compassion and care of what women are doing in the world and not so much on how they look – what noted imperfections one may have, what make up or beauty products they use. Now is a crucial time when young women need positive role models that go well beyond their physical appearance .
    Another thought- many scars are not visible to the human eye for they are internal . How lovely if you could find women willing to share how they overcame adversity .

  • I saw the opening picture of Jane and immediately thought – now those are a chef’s arms. They look just like mine!

  • I adore this. Anyone else notice how beautifully Teaunna’s scar aligns with her nose ring? Looks so beautiful and completely unique. I have a two small scars from stumbles and a cesarian scar, which bore both my children. People ask me all the time if I’m bothered by that scar – my cesarian was not elected, it was enforced due to other complications, and really not ever once did I worry about the scar, I worried about my babies being born safely. But it’s not really visible to others – so it’s interesting to read about those who have very visible scars. I’ve had those feelings Sophie did when I had a major spinal injury – it’s life changing. And she words it perfectly.
    Cute pup too.

  • Voila…enfin de vrais gens,la vrai vie,on sort du tout parfait ou,meme si c’est tres joli,tout est trop lisse,souvent les articles nous decomplexent mais les photos qui les accompagnent sont a l’oppose des props tenus.
    On en veut plus,encore et encore.
    Merci.

  • I have one long scar along my outer right thigh, one right up my groin and one scar across my neck along with multiple small scars across my legs and stomach. For me they are reminders of just how well the body heals itself and the fact that I have fought cancer off three times (so far). I am more concious when my eczema flares up or I have a bad hair day than of my scars. Many people carry scars both physical and invisible and to me they signify our strength and determination and make us unique not different they should never be something to be ashamed of.

  • Enfin un article qui me (nous) parle, on est dans la vraie vie ! J’aime les photos, surtout la premiere a laquelle beaucoup d’entre nous peuvent s’identifier : cicatrices, rides, etc….
    Mes cicatrices, deux d’entre elles acquises a un tres jeune age (j’etais turbulente et surtout curieuse) font partie de mon identite et meme si je les ai cachees toute ma vie, je ne serais plus la meme sans.
    Je joins le chorus pour demander plus d’articles comme celui-ci qui tombe a pic apres celui d’hier !

  • Oh my, I relate to each one of those scars. As a home bread baker, I have at least one permanent baking scar on the inside of my right arm. I took a terrible spill on roller skates in my 20s — no broken bones but a skinned elbow that left a scar that is still barely visible almost 40 years later. And the forehead scar…. I experienced that one from the mom side of things. My toddler son put a little divot in his forehead while running with keys in his hand. (Lucky it wasn’t an eye!) But I’m pretty sentimental about that one, since I’m probably the only one who can find it now on his 30-something forehead. And, yes, I’d keep every one of these scars. The are all signs of a life well-lived.

    Oh yes, and while the puppy is too cute for words, I LOVED the first photo of Jane. Those eyes!

  • I have a large scar down the length of my spine from a surgery, and while I don’t have any embarrasment or shame attached to it, I almost always keep it covered because I don’t like for people I don’t know well to ask about it, like it’s an easy conversation starter. In the summer at the beach I have no problem with it showing, I guess I just instinctively don’t buy clothing that’s backless or would show too much of it.

    It makes me wonder how people feel about other surgical scars – from c-sections, illnesses and so on. My mom is embarrassed of the scar on her stomach from when she survived cancer, which makes me kind of sad on her behalf. I guess everyone has complicated feelings about these things though!

  • This is beautiful.
    Makes me think of all the times I touched a scar tenderly, asking: What happended there? and getting to know a story that left its traces far more than skin deep. Makes me remember when my son proudly observed his bruises. Makes me aware that our bodies are not a wrapper or a sheath, but that we are our bodies (at least, if that is your believe, not here on earth), just like we are our souls and minds at the same time.

  • This is such a beautiful post! I love my scars. I have one on my right knee from playing basketball. A little one on the bridge of my nose from chicken pox. A cut on my thumb from when I sliced it open in an art class. They tell stories about your past!

  • Wish you had included the most banal, and most embrrassing of all, acne scars

  • I guessed what the chef’s scars were, because I have identical scars–getting things out of the oven causes a lot of scars.

  • Quel beau billet, avec des personnes de la vraie vie, sans fard ni paillettes. Tout ce que j’aime. Et concernant les cicatrices, je les adore, mais surtout des petites sur le visage d’un homme, je trouve ça hyper sexy !

  • Bravo pour ce superbe article ! Un vrai plaisir de lire des choses aussi concrètes, intimes et marquantes que l’histoire de ces femmes, gravée sur leur corps… Je pense que ça nous parle à tous et à toutes. Les cicatrices, même si elles ne sont pas systématiquement visibles, nous marquent à vie, sont parfois douloureuses et témoignent de notre passé ! C’est génial d’avoir eu l’idée d’en faire un article ! A quand le prochain dans ce style ?!

  • I love the post and the idea behind it.

  • Sandrine Vaillancourt 30 mars 2017, 10:07 / Répondre

    J’adore cet article! J’ai une cicatrice profonde dans le bas de mon dos d’une fois où je me dépêchais pour ne pas être en retard et je m’étais accroché à un meuble à coins pointus. Mais maintenant je l’adore!

  • Alexandra Schorndorf 30 mars 2017, 3:03 / Répondre

    I simply love (and can relate!) to this post. I just broke my shoulder 6 weeks ago snowboarding and have a scar from my surgery. It runs from the top of my shoulder to the middle of my arm. This post couldn’t have come at a more perfect time and I plan on embracing my scar like the beautiful women above. xo

  • Ouf. Ca pourrait être nous. Sujet intéressant en plus. Merci

  • I was such a tomboy and therefor have so many scars, my father used to joke I would never find a man because of them, and strangely The ones that are visible I don’t like, but my man thinks they are cool, so dad, you were wrong only about this one thing.

  • Kathleen Bunce 31 mars 2017, 7:45 / Répondre

    I am not a chef like Jane Coxwell but a home cook, and I have the same oven scars on my arms from rushing and not being careful. I don’t think about them, but my husband does not like them because they remind him of how careless I can be sometimes and he worries.

  • Mamavalveeta03 1 avril 2017, 12:28 / Répondre

    I have several surgery scars that I never even give a second thought about, and yet, the scars from my severe eczema are the ones that embarrass me…that people ask about with a disgusted look on their face, and I quickly try to explain so they won’t be afraid that I’m contagious! Thought provoking article…

    And Sophie, my husband is an EMT out here in MTK and said, « She should’ve taken the ambulance and she would’ve had pain control and a faster ride! » Glad you’re healing!

  • Interesting. Almost a celebration of the imperfect. But….. I have many scars on my face along with scars on my hand and body, and even my eyes, from surviving the Oklahoma City Bombing in 1995. Along the years, I have had many plastic surgeries but had to stop because I couldn’t handle anymore surgeries on my face. I have been amazed at both the sensitivity and meanness of people. Of course I get the « oh but you’re still beautiful » comments but I understand .

    In the end, we still have a long way to learning how to accept imperfections, scars, damages to the initial package. Those of us with scars, especially on our faces, in a world that wants Kardashian « perfection » yet mouths a false acceptance of diversity, sometimes struggle. Yet these scars are our souvenirs of own personal history to share.

  • Caroline 2 avril 2017, 1:18

    Fran, that is such a powerful story, thank you for sharing!

  • I have two big scars on my left forearm (6 and 3 inches, inside and outside my forearm), from self-harm. I was about 20, had just moved to the city, had no friends and was in a pretty toxic relationship, and I remember sitting on the steps of my flat, reading live how my then-boyfriend was telling his friend how much he hated me when he left himself logged in on my laptop. I wasn’t really thinking, and cut much deeper than I imagined, and then everything stopped for that beautiful « OH sh*t what have I done!? » moment when I realised none of it was worth it.

    Spent 4 hours in the emergency department, had 14 stitches, and that was the last time I did that to my body. They’re really ugly scars, they pull, they itch, they ache when my forearm swells during exercise, and people stare at them at all the time, but now I don’t really notice them anymore. They’ve become such a part of me that I think I’d have a hard time picturing myself without them. When I notice people looking I do feel really self-conscious because I worry people judge me for what I did, and that’s probably the worst thing about having them. I’m really glad I’m still alive, I’m really glad I’m in a happier place and I’m really glad I went on that journey because I learned a lot. I do wish people would be less judgemental about it.

    (And for a happy ending – I’m now with someone who is the most supportive, A* person on the planet and we celebrated 2 wonderful years together in September. I’m about to graduate from university and although I still struggle with depression, I now know how to care for myself and others around me. Silver linings!)

  • Vasilisa 4 avril 2017, 4:51 / Répondre

    This article made me very happy. I had and accident last summer which cost me eight scars on the right leg, and I am still coming to terms with them. It was inspiring to read about women who carry theirs with pride. Kisses.

  • beautiful

  • Orangeufunny 12 avril 2017, 2:57 / Répondre

    in America, we seem to be in a culture of looking in, not looking out. We are obsessed with ourselves to the detriment of others. If I am so worried about what people think of my scars (and I have a few), I am wasting valuable time on this planet that I could be reaching out to others, making a difference in someone’s life, bringing hope and joy in my workplace and with my neighbors. We are so self- focused right now. All of social media and print media is about how we look, and what we wear and how we need to slim our belly fat and plump up our wrinkles. Maybe we are here in this world to do more than look in the mirror and worry about ourselves. In fact I’m sure we are here for more than this.

  • I have so many. But what is most interesting to me is not telling the stories of mine but hearing the stories of others and hopefully doing something to help the women to have them to feel more empowered.

  • Thank you for allowing such beautiful beings to display their vulnerability – I am also carrying scars. Whilst I grew up with one on my forehead, I ended up falling from a ladder in very traumatic circumstances and required head surgery as a result of a haemorrhage and a near stroke. This was a tough one to handle as I was also in a abusive relationship at a the time so it was a sign that I had to get out of the situation I was in. I felt so angry for being « scarred » but now it is a symbol of the universe finally telling me to « get out ». I listened. Beauty is in the eye of the beholder and beauty emanates from the heart.

  • I knew Jane was a chef even before reading the lovely story! I’ve many of the same. I so appreciate and understand this story. Scars are beautiful and important. I used to be embarrassed by the visible reminders left across my body from multiple brain surgeries but they now only remind me of how strong I truly am. Thank you.

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