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Beauty with a Maiko, Mamefuji

3 years ago by

Quand j’étais à Kyoto, j’ai eu le privilège (j’ai appris qu’il était très rare de pouvoir les interviewer) de rencontrer une authentique maiko. Vous êtes peut-être un peu perplexes – Ce n’est pas plutôt une geisha ? Donc juste pour clarifier tout ça, il faut savoir qu’il n’y a pas de geishas à Kyoto, on trouve juste des maikos et des geikos. Voilà. 

Une fois qu’on est une geiko, on travaille dans une maison jusqu’à ce qu’on décide de partir A: pour se marier ou B: pour prendre sa retraite. Parmi leurs compétences : interpréter des chants, des danses, jouer du shamisen (instrument à trois cordes) pour les visiteurs à l’occasion de dîners. Elles ont un emploi du temps très rempli, parfois sans congés pendant des mois, ce qui affecte parfois même leur santé… Comme je ne parle pas japonais, nous avons eu la chance d’avoir une traductrice, ce qui me permet de partager avec vous la passionnante histoire de cette forme d’art ET quelques secrets beauté.

Quand on a rencontré Mamefuji qui a 18 ans et a passé son enfance à plusieurs heures de route de là, elle portait un kimono traditionnel rouge vif, ses cheveux étaient impeccablement arrangés et décorés d’accessoires, et son maquillage ultra-travaillé était digne de Pat McGrath. Même si elle ne connaît finalement pas la culture des geikos en profondeur, elle a toujours été attirée par la culture de Kyoto et, grâce au bouche à oreille, elle a pu entrer en contact avec la maison, ou okiya, pour laquelle elle travaille maintenant. C’est une communauté très isolée réservée aux personnes qui comprennent ses règles et traditions, donc être acceptée dans une maison est loin d’être facile.

Les maikos sont des apprenties formées pendant cinq années avant de pouvoir devenir geikos. Elles vivent dans une maison sous le chaperonnage d’une mère, sont nourries, blanchies et logées, et prennent chaque jour des cours d’art, de danse, de musique et de calligraphie ; pendant cette période, elles n’ont aucune possession. Vers l’âge de 20 ou 21 ans, elles deviennent geikos, et peuvent commencer à travailler, gagner leur vie et s’acheter leurs propres vêtements (youpi !). Mamefuji utilise une jolie expression pour qualifier cet âge de la maturité,  elle parle de moment du « col retourné ».

Lorsqu’une maiko s’apprête à devenir geiko, elle doit aller en ville et informer tout le monde de ses intentions pendant deux semaines. Elle écrit des lettres, distribue des confiseries, tout cela vêtue d’un kimono noir portant les « armes » de sa maison ou famille. Elle se peint aussi les dents en noir … (Je n’avais pas bien saisi pourquoi au début, mais une rapide recherche sur Internet m’a appris que cette pratique leur permettait de disparaître dans l’obscurité de la bouche ouverte. Sayonara, languettes blanchissantes Crest !)

C’est aussi intéressant de savoir que si on fait plus âgée en apparence, on ne passe pas forcément par l’étape maiko, puisque l’âge au Japon est quelque chose d’important.  Dans la culture maiko, on ne se fonde pas sur l’âge réel, mais sur le degré d’apprentissage, c’est celui-ci, l’âge véritable. Un peu comme pour les acteurs… ;)

Beauté !

Une maiko arbore une coiffure ultrasophistiquée réalisée sur ses propres cheveux qu’elle garde pendant une semaine ; il y a même des oreillers à trou spéciaux pour que le sommeil ne soit pas trop inconfortable et que la coiffure reste en place (les geikos plus âgées portent toutes des perruques !) La première année, pour le maquillage de la bouche, seule la lèvre inférieure est peinte, puis les deux lèvres la seconde année. Il en va de même pour les yeux : pour conserver le plus longtemps possible la fraîcheur de l’adolescence, elles ne portent ni mascara ni fards à paupières la première année.

Après avoir été formée par sa onee-san (une sœur plus âgée, une forme de mentor), chaque maiko réalise son maquillage toute seule, y compris le délicat W dans sa nuque. Elle utilise une huile grasse pour appliquer son maquillage, puis avec un pinceau en bambou spécial, elle applique le blanc… un mélange de poudre et d’eau. Chaque geiko utilise une nuance de blanc légèrement différente, parfois avec des reflets rouges ou rosés. Sur les lèvres, elle applique du lipstick Shiseido mélangé à de l’eau et du bonbon rouge. Oui, du bonbon ! Ici, c’est un peu comme un morceau de sucre. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est bon, sucré, et que ça sublime encore plus la couleur. C’est le même mélange qu’elle utilise aussi pour souligner ses yeux et ses sourcils.

Ça doit vraiment prendre des heures de se préparer comme ça…la coiffure, les épingles, le maquillage hyper élaboré ? Mais avec l’habitude, Mamefuji m’a dit que ça lui prenait « Oh, pas plus de 30 minutes ! » Et moi qui trouvais mon rituel beauté rapide. Le plus étonnant, c’est peut-être sa façon de se démaquiller, avec de l’huile pour bébé ! Et pour s’hydrater, elle confie utiliser la lotion Nivéa.

Bon, c’est juste un petit aperçu de la vie d’une Maiko. Mais c’était vraiment fascinant, j’aurais pu passer des heures avec elle ! Je n’arrivais pas à détacher mes yeux de sa ceinture de kimono parfaitement nouée ou de ses sourcils dessinés à la perfection… Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, elle avait beaucoup d’engagements ce jour-là et j’ai dû la quitter à regret…

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