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A Vaginal Spa of One’s Own

4 weeks ago by

Nous avons décidé de réinviter la si charmante Amelia pour parler d’une chose qui nous fascine et nous horrifie en même temps … les bains de vapeur vaginaux.

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J’ai commandé mon premier kit de bains de vapeur vaginaux le jour où mon neveu de trois ans a pris conscience de ses testicules. Ma belle-soeur m’a transmis la nouvelle, avec beaucoup d’émoticônes hilares, pour me dire que le petit garçon prenait un bain quand il a fait cette découverte anatomique et a hurlé “Va-t’en ! Veux pas !”

J’ai vu son texto alors que je parcourais un site de V-Steam appelé The Tulip et que je lisais leur déclaration sur la page d’accueil “Aimer votre vagin est une révolution”. Ma première réaction bête et méchante face à un tel sentiment a été : d’accoooord… on se calme. Etre sympa avec ses parties génitales ne fait pas vraiment de vous la Mahatma Gandhi de la touffe. Mais, en réfléchissant à mes propres sentiments par rapport à mon vagin, je me suis rendu compte que je n’avais jamais vraiment pensé à lui (à elle ? Quel pronom faut-il utiliser ? Je ne sais même pas ce qu’il préfère !!!). Evidemment, je fais ma maintenance menstruelle tous les mois, mais avec le même degré d’émotion que pour faire le plein d’essence. Est-ce que je m’étais montrée froide et peu encourageante envers mes parties reproductives ? J’ai décidé de faire plaisir à mon vagin négligé avec un bain de vapeur de The Tulip, pour remettre cette relation sur les rails.

Parlons un peu de tout ce business des bains de vapeur : les bains de vapeur vaginaux, aussi connus sous le nom de bains de vapeur Yoni (yoni est le sanscrit pour vagin), impliquent de vous déshabiller en dessous de la taille et de vous asseoir au dessus d’un pot fumant d’herbes. Selon The Tulip, l’idée est d’apporter “vitalité, équilibre et bien-être au vagin et à toute la zone pelvienne”. Parmi les bénéfices vantés, on trouve l’apaisement des crampes, des règles plus régulières, une fertilité plus grande, une guérison des tissus vaginaux après l’accouchement, la purification de l’utérus et la facilitation de la guérison des fibromes et des kystes. Pleines vapeurs non ?

Hum, gardez vos pots. Le sujet est devenu controversé ses dernières années. Gwyneth Paltrow et Chrissy Teigen ont toutes les deux fait les gros titres pour leurs bains de vapeur et provoqué d’énormes réactions contraires et une foule d’articles incitant à la prudence. Les critiques de cette pratique mentionnent les risques de brûlure en se tenant trop près de l’eau, les irritations de la peau à cause des herbes et le danger potentiel de déranger les niveaux de ph du vagin.

Tout ça pour dire que ça ne plaît pas à tout le monde. Mais moi, j’avais envie d’essayer. Donc, quand mon paquet est arrivé la semaine suivante, ma chatte était enthousiaste. Le mélange d’herbes était livré dans un sachet de cellophane transparent et ressemblait beaucoup à un pot-pourri. Je l’ai même laissé sur la table de mon salon pendant toute une semaine, il était si joli. Les fondatrices de The Tulip, Kiana et Kaylah Reeves, m’ont aussi envoyé une note manuscrite me disant que je pouvais leur envoyer toutes mes questions par mail – j’avais déjà l’impression de faire partie du club des bains de vapeur.

Mais après des hésitations sur le pot que j’allais utiliser pour réchauffer le mélange (ma casserole à mac n’cheese ou celle pour faire durcir les oeufs), j’ai tout mis sur pause. Vous allez peut-être me traiter de vieux jeu, mais je voulais perdre ma virginité V-steam de manière spéciale. Donc à la place, j’ai décidé de prendre rendez-vous avec un professionnel pour la première fois, avant de le faire moi-même (avec une casserole toute neuve) pour tous les traitements futurs.

Par chance, je vis à Los Angeles où, vous pouvez me croire, on trouve un V-Steam sur les menus de prestation des spas (on trouve aussi des vajacials (des soins pour le vagin), du vajazzling et un même des voyants spécialisés dans les gestations pour les futures mères). J’ai choisi un endroit qui vient juste d’ouvrir – une sorte de “beauty concept bar” downtown appelé  » target= »_blank »>The Things We Do. En matière d’esthétique, j’ai su que j’étais au bon endroit dès que j’ai passé la porte (en portant un sweat utérus Rachel Antonoff pour l’ambiance). La pièce était décorée dans des tons rosés avec des angles courbes, des miroirs et des parois en forme de sablier. Je ne connais pas du tout les consignes reçues par le décorateur d’intérieur mais j’imagine que c’était quelque chose du style “construit un utérus… mais version fashion”.

Daphne Lim – acupuncturiste, herbaliste, et reine locale des bains de vapeur – m’a guidée vers la salle de traitement où j’ai tout de suite repéré le tabouret en bois avec un trou au centre et une plaque dessous – le siège yoni. Elle m’a demandé mes buts pour cette session et j’ai songé à faire une demande d’ovulation d’ovocytes dorés mais à la place, j’ai répondu “Quels sont les choix ?”
“Eh bien, certaines femmes veulent s’occuper de problèmes de fibromes tandis que d’autres sont à la recherche d’une cure, a-t-elle expliqué. Je peux ajuster le mélange d’herbes en fonction.”

“Je veux juste le bonheur de mon vagin”, ai-je dit.

“Formidable”, a-t-elle répondu et elle m’a laissée pour que je mette un peignoir et que j’applique un masque hydratant en trois étapes, le SkinEsque mask. Je me suis prélassée avec mon masque et Daphne est vite revenue avec mon mélange : des feuilles d’armoise, de la lavande, du romarin, de la rose et du dong quai (c-à-d le “ginseng féminin”). Après avoir placé le pot sur la plaque et vérifié la température, elle m’a dit qu’il était temps de m’installer sur le siège à vapeur. Quant à la durée du bains de vapeur, elle m’a suggéré de rester au moins 15 minutes et elle a ajouté que je pouvais rester jusqu’à une heure – je me suis décidée pour 40 minutes et j’ai mis une alarme sur mon téléphone. Daphne s’est ensuite excusée et je me suis retrouvée seule avec mon vagin.

“Ah, si ces parois utérines pouvaient parler”, pensais-je. Et immédiatement, j’ai repensé aux cours d’éducation sexuelle en sixième pendant lesquels, dans l’espoir d’impressionner un garçon connu parce qu’il arrivait à mettre trois Fruit Roll-Ups entiers dans sa bouche en même temps, j’ai montré du doigt un dessin de l’utérus et j’ai dit : “Dément. On dirait une tête de chèvre dégueu.” “Trop raison”, a-t-il répondu avec un sourire. Même à l’époque, à 11 ans à peine, je me suis sentie coupable de trahir mon genre. Je me souviens de mes premières règles, deux ans plus tard, quand j’ai sangloté dans la douche et que j’ai quasiment assassiné mes lèvres à mains nues en frottant des tampons contre ma peau dans un moment de panique avant un court de danse classique (“Ça va à l’intérieur ?!” me suis-je exclamée après avoir enfin lu les consignes de la boîte de Tampax).

Je me suis souvenue de l’été 2001, trois mois complets passés dans un maillot de bains mouillé quand je travaillais comme mono dans une colo et j’ai frissonné en repensant à tous ces strings en tissu synthétique que j’achetais chez Ross à la fac parce que j’étais trop paresseuse pour faire la lessive. Et puis, ma vingtaine à NYC… Mon dieu. Un de mes collègues dans un magazine m’a dit que “mêmes les gentilles filles sans histoires devraient prendre soin d’elles comme les stars du porno”. Après ça, j’offrais 20 dollars à toute personne avec un pot de cire chaude dans un salon de manucure pour que mes poils pubiens ne me transforment pas en paria sociale.

Dans ma trentaine, je n’ai pas trop pensé à mon vagin et je pensais que c’était une bonne chose. De la chance. Je pensais : tant que tout continue à bien aller et qu’il ne m’embête pas trop, tout va bien. J’ai besoin qu’il reste tranquille jusqu’au jour où je lui demanderai de s’étendre sans douleur à cinq fois sa taille normale (accouchement) avant de redevenir immédiatement normal. Et tout ça, je m’en suis rendu compte, était très injuste pour mon vagin. “Mea culpa”, ai-je murmuré dans mon peignoir.

En dehors de mon parcours émotionnel avec mon vagin, le bain de vapeur était très agréable, un peu comme si vous imaginiez faire un câlin à votre utérus. J’ai envoyé une photo de ma tête à mon copain pendant que j’étais assise sur le tabouret et il a tout de suite répondu “waouh ! Tu es rayonnante !” C’est impressionnant de voir ce qu’un peu de vapeur en dessous peut faire pour votre teint.

Les quarantes minutes ont filé à la vitesse de l’éclair et il a vite fallu que je me sèche et que je m’habille. Mais je n’en avais pas fini avec mon vagin. Après avoir remercié Daphne et observé les produits à vendre dans la salle d’attente (achetez-vous la Fur Oil – oui, c’est un baume soyeux pour votre toison pubienne), j’ai décidé de me faire plaisir avec un déjeuner pour donner des forces à mon pelvis. Et en moins de temps qu’il ne le faut pour épiler un ticket de métro, je me suis retrouvée au Rappahannock Oyster Bar avec une douzaine de mollusques marins (c’est bon pour la libido), un avocado toast (les avocats favorisent la lubrification naturelle) et un verre de vin rouge (un autre stimulateur de libido). Après avoir fini mon premier verre, le barman m’en a servi un deuxième gratuitement. “Peut-être que c’est naturel… Ou peut-être que c’est le bain de vapeur vaginal…” ai-je pensé…

Mes parties génitales resplendissaient de tant de positivité qu’une matinée pluvieuse s’est transformée en après-midi ensoleillé et que, en retournant à ma voiture, un vendeur de kombucha m’en a donné une bouteille gratuite (les vagins adorent aussi les kombuchas pour leurs probiotiques et leur capacité à équilibrer les ph). Je savais ce qu’il me restait à faire : un utérus rayonnant de 15 mètres de haut hurlait mon nom sur Sunset Strip.

Je suis arrivée juste au moment où le soleil commençait à décliner, quand le ciel prend des couleurs de rose barbe à papa et de bleu derrière Champ, l’installation ultra grande de Zoë Buckman d’un utérus en néon avec des gants de boxe à la place des ovaires. L’oeuvre est installée à l’angle de Sunset et Sweetzer, juste en face du Standard, l’hôtel d’Hollywood. Champ a été installée l’hiver dernier et son exposition d’un an s’achève ce mois-ci, ce qui veut dire que j’y suis allée juste à temps. Même si ça faisait des mois que je voulais voir la sculpture, je n’avais pas fait l’effort avant aujourd’hui. Et peut-être que c’est un vrai bienfait du bain de vapeur vaginal – vous permettre de consacrer un temps précieux à vos parties les plus intimes. Enfin, j’avais vu la lumière vaginale.

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Amelia est une rédactrice voyage qui a contribué à Travel + Leisure, Harper’s Bazaar, Los Angeles Magazine, Fathom, et au National Geographic Traveler. Vous la reconnaissez peut-être grâce à son apparition ici et ici… Et nous sommes évidemment fans.

10 comments

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  • Je ne reconnais tellement pas Garance au travers de ce post …. je comprend mieux pourquoi je reviens de moins en moins souvent vers ce blog… quelle bêtise …. alors que je suis souvent/toujours émue, touchée, bousculée par ses posts je pense que vous vous perdez dans des futilités…ce n’est que mon avis mais je pense que d’autres le partagent.

  • Veronica McCarthy 25 février 2019, 3:59

    Hi Muller! I’m sorry you don’t recognize Garance in the article. It was written by someone else, so that could be part of it. We believe it does have Garance’s self-deprecating humor mixed with reflection. x Veronica

  • J’aimerais tellement vivre à L.A! J’adore ce genre d’expérience

  • Hahahaha. When I saw the title of this post I thought I’d logged onto Goop by mistake. But then I read it and found the Atelier trademark balance of irreverent and serious. Loved it! PS the gynecologist recently told me my cervix was getting old so maybe the lady needs a steam!

  • There’s no medical evidence that vaginal steaming works. Shame on you, Atelier Dore!

  • Veronica McCarthy 25 février 2019, 3:56

    Hi Sasha! We’re not endorsing nor claiming anything in this article. We are simply following one woman’s journey (and funny anecdotes) about taking an afternoon to pamper her vulva and more importantly, reflect on her own history with her lady parts. Thanks for stopping by. x Veronica

  • I love this – in part because it reminds me what a flipping fantastic place LA is for contemporary art!
    I mean, « has a ridiculously cool contemporary art scene » is always going to be down the list of reasons people tell you to visit – well after weather and Hollywood – but the art there is just so good! I kinda forgot, since moving away, how much LA is a place that will find a way to fund and put up a huge, neon site-specific uterus right in the middle of the Sunset strip. Fantastic!

  • « L’installation ultra grande d’un uterus en neon avec des gants de boxe a la place des ovaires. » J’adore !

  • BUILD A WOMB, BUT MAKE IT FASHION. Hahahahaha! This article had me laughing so so much, and that comment is gold. Thanks for the enlightenment on steaming one’s nethers. :-D

  • Jessica Ferron 25 février 2019, 6:06 / Répondre

    Please write more things for the Atelier because I really love chuckling while I read – it’s a favorite past time and you, Amelia, are a gem. Great take on a subject that’s been taken many-a-time before!

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